Présence des troupes de l’EAC en RDC, Quel rôle jouera la MONUSCO ?
Avec l’accord des autorités congolaises, les pays d’Afrique de l’Est réunis au sein de l’EAC vont envoyer, à l’exception du Rwanda, leurs troupes dans l’est de la RDC, avec pour objectif d’anéantir les forces négatives locales et étrangères. Même si, au cours des derniers mois, les relations se sont tendues entre la population congolaise, en particulier celle de l’est du pays, et la MONUSCO, la mission de l’ONU en RDC entend continuer à jouer son rôle dans la pacification de cette partie de la RDC.
Que va-t-il advenir de la mission de la MONUSCO ? Cette question est sur toutes les lèvres dans l’est de la République démocratique du Congo. D’autant que le président burundais et actuel leader de l’EAC, Evariste Ndayishimiye, a concomitamment plaidé pour le soutien de l’ONU et curieusement pour la réduction des effectifs de la MONUSCO sur le territoire congolais.
En outre, alors que le gouvernement de Kinshasa ne s’est pas encore prononcé officiellement sur le rôle que jouera réellement la MONUSCO dans le nouveau schéma sécuritaire qui se dessine dans l’est de la RDC, où les troupes de la force régionale de l’EAC sont récemment arrivées et où la coalition FARDC-UPDF combat les terroristes ougandais des ADF, la compréhension devient de plus en plus complexe, car ces forces ont annoncé qu’elles occuperaient une zone tampon entre les forces gouvernementales et le M23, en attendant l’issue du dialogue de Nairobi.
Cependant, sur le terrain, on constate une avancée significative des combattants du M23, bien que des éléments des forces armées de la RDC continuent de résister. Cela suggère manifestement que la zone tampon s’étend progressivement à mesure que l’ennemi avance et, par conséquent, le palmarès des zones qui seront contrôlées par les troupes de la force régionale de l’EAC s’allonge.
Mais en attendant de voir ce qui va réellement se passer dans l’est du pays, notamment dans la province du Nord-Kivu, et comment seront coordonnées toutes ces forces présentes sur le terrain, y compris celles de la MONUSCO, la mission des Nations unies en RDC a déclaré avoir déjà été saisie par le gouvernement central. Elle dit avoir été officiellement sollicitée par le ministère des Affaires étrangères de la RDC pour soutenir la mise en œuvre des décisions adoptées dans le cadre des processus de paix de Luanda et de Nairobi. A cette fin, la mission a réitéré son soutien à la mise en œuvre de toutes les dispositions de son mandat.
La MONUSCO va mettre en place un mécanisme de coordination avec la Force régionale de l’EAC
Dans sa communication du 28 novembre, la MONUSCO encourage “la poursuite des efforts diplomatiques concertés” qui ont abouti, selon la mission, à des décisions fermes pour une cessation des hostilités et le retrait du M23 des zones occupées ». Elle se dit en outre, prête à « consulter toutes les parties prenantes au mini-sommet de Luanda pour obtenir les clarifications nécessaires ».
Par ailleurs, la mission de l’ONU en RDC, qui se dit également prête à mettre en place un mécanisme de coordination avec la Force régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est, se dit également favorable à l’opérationnalisation rapide du mécanisme de vérification ad hoc, établi dans le cadre de la feuille de route de Luanda, et poursuit également son soutien au processus de Nairobi. La MONUSCO réaffirme ainsi son engagement à travailler en étroite collaboration avec toutes les parties concernées afin de soutenir les efforts diplomatiques et politiques pour parvenir à une résolution pacifique de la crise dans l’est de la RDC.
En même temps, la mission souligne qu’elle reste mobilisée pour la protection des civils avec une approche combinant la protection physique par ses composantes en uniforme et les efforts civils visant l’engagement politique et l’amélioration de l’environnement de protection.
Elle se félicite également de la tenue du mini-sommet de Luanda et des rôles joués par le président angolais João Lourenço, en sa qualité de président de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), et par le burundais Evariste Ndayishimiye, président de la Communauté des États d’Afrique de l’Est. La MONUSCO salue également le rôle du médiateur désigné par l’Union africaine, Uhuru Kenyatta, ainsi que celui de tous les dirigeants régionaux impliqués dans la recherche de solutions pacifiques à la crise dans l’est de la RDC.