Massacre de civils par le M23 : La notabilité de Rutshuru appelle à une mobilisation pour Kishishe
Le massacre de plusieurs dizaines de civils non armés, dont des femmes et des enfants, par les rebelles du M23 à Kishishe dans le groupement de Bambo, en chefferie de Bwito dans le territoire de Rutshuru, dans une église adventiste du septième jour, inquiète fortement l’opinion nationale et internationale.
Au lendemain de l’annonce de cet incident que beaucoup qualifient d’acte terroriste, la notabilité de Rutshuru se dit « consternée » par cet énième massacre qui vient de frapper leur entité après « les massacres à grande échelle visant les membres des communautés hutu enregistrés dans plusieurs zones de Rutshuru lors de l’avènement de l’AFDL/APR en fin 1996 ».
Pour Jean-Paul Tsongo Marungu, “c’est le massacre de trop contre la population du Nord-Kivu sous le regard silencieux de la communauté internationale”.
Face à cela, ce notable du groupement de Binza, appelle la population de cette région à “s’unir et à briser toutes les barrières tribales pour former un front commun contre l’agresseur” qui, face à la résistance armée des forces loyalistes, se venge sur des civils innocents, désarmés et sans défense.
Ce fils de Rutshuru, tout en présentant ses condoléances à la communauté congolaise en général et celle de Rutshuru en particulier, appelle toute la république à se mobiliser pour Kishishe après que des compatriotes ont été lâchement abattus dans une église où ils s’étaient réfugiés après l’intensification des hostilités entre les rebelles du M23 et les FARDC.
Ces victimes ont faussement été présentées comme des membres de divers mouvements d’autodéfense, et même des FDLR, une rébellion rwandaise opposée au régime de Kagame.
« Nous devons nous mobiliser d’une seule voix pour dénoncer ce nouvel acte de génocide que Kagame vient de perpétrer sur notre territoire à travers le M23. Depuis 1996, il tue et commet plusieurs actes inhumains sans aucune poursuite de la part de la communauté internationale. C’est un sang de trop qu’il vient de faire couler sur le sol congolais et il mérite d’être sévèrement puni », a déclaré ce notable.
Le président national des jeunes hutus du GISENGE a également condamné ce massacre. “C’est depuis la nuit du 28 au 29 que nous avons appris de nos sources une triste information de massacre de nos compatriotes de Kishishe. Parmi les victimes figurent des enfants, des femmes, des jeunes ainsi que des vieillards en majorité Hutu par les terroristes du m23” a-t-il indiqué, exigeant que justice soit rendue aux victimes.
Par ailleurs, de nombreuses organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme, des agences internationales et certains gouvernements ont condamné cet acte criminel et ont également demandé une documentation objective du massacre de Kishishe afin que les auteurs de ce crime contre l’humanité puissent être tenus responsables.
C’est le cas de la mission de l’ONU en RDC qui a fait savoir que si “Ces allégations sont confirmées, elles pourraient constituer des crimes au regard du droit international humanitaire ». La Monusco a réaffirmé son engagement en faveur de la cessation immédiate des violences contre les civils, indiquant également que le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme a été saisi de cette question et se tient prêt à contribuer à ces efforts.
Pour rappel, plusieurs documentations et témoignages de tels actes et de leurs auteurs sont contenus dans plusieurs rapports d’ONG et dans le fameux rapport mapping. Mais toutes ces documentations restent lettre morte. Les Nations Unies et plusieurs organisations régionales, et même celles dont la République démocratique du Congo est membre, gardent silence à ce jour.