Quelques jours après le massacre de Kishishe où au moins 50 compatriotes congolais ont été massacrés par des combattants du M23 appuyés par des éléments de l'armée rwandaise, Kinshasa décrète trois jours de deuil national.
Alors que l'ultimatum d'un cessez-le-feu avait déjà été lancé à l'issue du mini-sommet de Luanda et qu'une date avait été fixée pour que les combattants du M23 désertent les zones qu'ils contrôlent, ces derniers ont jeté un pavé dans la mare. Si le contexte était déjà très tendu dans la zone des combats, les combattants du M23 ont atrocement ôté la vie à une centaine de civils à Kishishe, une localité sous son contrôle située à plus ou moins 70 kilomètres de Goma, fief de la province du Nord-Kivu.
Lors de la réunion hebdomadaire réunissant le Président de la République et le membres du gouvernement le vendredi, le Chef de l'Etat Félix Tshisekedi Tshilombo, a condamné ce massacre. A cette occasion, il a dénoncé les atrocités des terroristes du M23 et n'a pas hésité à en faire porter également la responsabilité aux autorités rwandaises.
Selon le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais Patrick Muyaya, en mémoire des victimes, le président de la République a instruit l'exécutif central de décréter trois jours de deuil national qui seront observés à partir du samedi 3 décembre 2022. Le drapeau sera également mis en berne sur l'ensemble du territoire national durant cette période.
“Le président de la République a également adressé un message de compassion et de solidarité aux familles et aux communautés directement touchées par cette tragédie. Ces trois jours de deuil national s'achèveront le lundi 5 décembre 2022 par un événement caritatif sous forme de téléthon qui se déroulera au studio Maman Angebi et qui permettra de mobiliser des ressources supplémentaires pour la réponse humanitaire menée par le ministre de la Solidarité nationale”, a précisé le ministre Muyaya.
En même temps, il a annoncé que le gouvernement prendra des mesures pour soutenir les personnes touchées par le massacre. Aussi, la Ministre d'Etat, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux entend également ouvrir une enquête sans délai. "Le gouvernement veillera à ce que tout soit mis en œuvre pour que le dossier soit rapidement constitué afin d'appuyer une enquête internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité", a indiqué le porte-parole du gouvernement.
Les autorités congolaises continuent de déployer des efforts pour mettre un terme définitif au phénomène M23, d'autant plus que les éléments de cette force négative soutenue par Kigali sèment sur leur passage de nombreux morts et des massacres particulièrement violents. L'armée régulière, qui a accusé le 1er décembre les combattants du M23 d'avoir massacré 50 civils, s'est dite obligée de riposter aux multiples provocations des assaillants, malgré l’appel au cessez-le-feu.