Alors que l’opinion pensait que le conflit entre les communautés Téké et Yaka resterait confiné aux deux provinces du Kwilu et de Maindombe en attendant que le gouvernement règle la question, ce problème vient de s'étendre à une troisième province, le Kwango.
Au grand dam des habitants du Grand Bandundu, le conflit communautaire qui a débuté il y a quelques six mois entre Yaka et Teke dans la province du Mai-Ndombe, en territoire de Kwamouth s’étend peu à peu sur toute leur région, pourtant réputée calme durant plusieurs années, hormis bien évidemment les massacres de Yumbi en 2018.
Les assaillants sont cette fois signalés dans le village de Bitadilwasa, à 67 kilomètres de la RN1 au Kwango, selon Lucien Lufutu, président du cadre de concertation de la société civile locale. Cet acteur de la société civile rapporte qu’il n'y a aucune entrée, aucune sortie dans ce village à cause de la présence des assaillants qui sont venus de Kwamouth il y a près de cinq jours et qui essaient de préparer pour attaquer.
« Nous pensons déjà que c'est une menace, si jamais les attaques des assaillants de Kwamouth se généralisaient dans la partie ouest au point de toucher la RN 1. Notre crainte est à ce niveau. Voilà pourquoi nous demandons au gouvernement de tout mettre en œuvre pour que la sécurité soit renforcée davantage afin de protéger la population", a également dit Lucien Lufutu, interrogé à ce sujet par actualité.Cd.
Du côté des autorités locales, Placide Kazundu qui est l'administrateur du territoire de Kenge a également déclaré que les services spécialisés ont signalé la présence des assaillants dans le village Batadilwasa.
« Nous sommes en état d'alerte, les services de sécurité ont été dépêchés et nous surveillons la situation 24 heures sur 24. Les dispositions prises ne peuvent être divulguées dans les médias. Elles sont telles que nous sommes en état d'alerte, les services de sécurité sont sur place, ils veillent et contrôlent le mouvement de la population. C'est difficile de les identifier puisqu'ils sont déjà dans la population, surtout qu'ils parlent la langue locale », a-t-il dit.
Depuis le début du deuxième semestre 2022, des violences intercommunautaires se poursuivent dans une partie de la région du Grand Bandundu et provoquent la fuite de milliers de personnes. Des personnes armées se réclamant membres des tribus Teke et Yaka s’attaquent mutuellement à cause d’un conflit foncier de longue date. A Kinshasa, début décembre, le ministre de l'Intérieur a annoncé que les violences avaient atteint la périphérie de Kinshasa, dans la commune de Maluku. Au moins 12 personnes ont été tuées.
Entre-temps, le mardi 13 décembre, le procès de 108 auteurs présumés des violences dans les territoires de Bagata et Kwamouth s'est ouvert dans la ville de Bandundu, au Kwilu. Les audiences, qui se déroulent dans les installations de l'ex-ONATRA, dureront au moins 30 jours. Le tribunal militaire poursuit les accusés pour tueries, incendies des maisons et pillages des biens dans plusieurs villages des territoires de Bagata et de Kwamouth.
La Rédaction