Les rebelles du M23 connaissent des avancées significatives dans leur série des conquêtes de plusieurs villages du territoire de Rutshuru et se rapprochent petit à petit du poste frontalier de Ishasha dans le groupement de Binza, la seule frontière avec l’Ouganda qui a échappé au contrôle de cette rébellion depuis la chute de Kiwanja en mi-novembre 2022.
Selon des sources sur place dans ce groupement, ces rebelles agissant au nom du Rwanda et l’Ouganda selon plusieurs rapports de la communauté internationale ont intensifié des attaques sur cette partie de Rutshuru depuis leur remise partielle de la commune de Kibumba entre les mains de la Force Régionale de l’EAC vers fin décembre de la même année.
Ils ont commencé par la prise de Kisharo, chef-lieu de Binza avant de poursuivre leur marche sur Buramba et d’autres villages environnants. Déjà le matin de ce mercredi 04 janvier, ces rebelles ont affiché leur présence dans la cité de Nyamilima après des intenses combats contre les forces d’autodéfense locale qui contrôlent cette entité depuis le repli stratégique des FARDC après la chute de Rutshuru centre et Kiwanja, deux grandes agglomérations de ce territoire.
Pendant ce temps, l’opinion publique de la province met en cause la présence des troupes kényanes dans la zone au conflit. Nombreux se questionnent autour de la barrière actuellement érigée entre les zones sous occupation rebelle et la partie gouvernementale sous format d’une zone tempo et l’annonce du retrait de ces rebelles du grand camp militaire de Rumangabo et de Kishishe d’ici le 5 janvier 2023 alors qu’ils continuent à conquérir des nouveaux espaces.
Des leaders locaux critiquent ardemment cette mission et supposent qu’elle est actuellement le supplétif du M23 pour lui permettre d’élargir sa zone d’influence au détriment du régime de Kinshasa pourtant membre de la East Africain community.
Pour eux, il n’est plus le temps pour la RDC de sombrer dans la distraction et surtout la manipulation de ses faux-amis. Ils suggèrent par contre la mise de l’option militaire au premier plan pour défaire une fois pour toute cette rébellion après qu’elle est restée loin de respecter les décisions issues du mini-sommet de Luanda sur la question de la pacification de la partie Est de la RDC.
Diddy MASTAKI