Initialement prévue pour ce jeudi 05 janvier 2023, la cérémonie de remise officielle du camp militaire de Rumangabo aux forces Kenyanes vient d’être repoussée au lundi 09 janvier pour des raisons qui restent inconnues jusqu’à présent.
Cette confirmation émane des nos sources dans les forces régionales de l’EAC qui contrôlent actuellement la commune rurale de KIBUMBA. Dans une réponse brève à la question de CONGORASSURE.CD, cet officier de l’armée kenyane précise, sans évoquer les motifs de ce changement de date, que le retrait de M23 de Rumangabo et Kishishe ne se fera plus ce jeudi mais plutôt le lundi 09 janvier.
Entre temps, cette cession de Rumangabo et Kishishe crée un tollé dans les médias tant niveau international que national. Ils critiquent ces cérémonies de retrait des troupes rebelles qui rêvait un caractère publicitaire alors que la réalité sur le terrain reste statique. Des leaders locaux de KIBUMBA ne cessent d’alerter sur la présence du M23 dans le coin depuis qu’ils ont publié leur départ le 23 décembre 2022 dernier. Nombreux trouvent que c’est une nouvelle arme distractive qu’utilisent le rebelle avec ce qu’ils qualifient de complicité des forces régionales de l’EAC.
Peu avant, les forces de défense de la RDC par le biais de leur porte-parole, le Général de brigade Sylvain Ekenge avait lancé des alertes autour de ce retrait mascarade des rebelles de la commune de Kibumba qui visait leur renforcement sur d’autres fronts pour élargir leur contrôle avec force sur d’autres zones.
Accusation qui était pourtant rejetée par le côté rebelle qui a parlé d’accusation infondée car leur mouvement éprouve de la volonté de contribuer au retour de la paix dans le strict respect du contenu du communiqué final du mini-sommet de Luanda du 23 novembre 2022 entre les chefs d’Etat de la sous région autour du président Angolais João Lourenço.
Mais sur le théâtre des affrontements, les rebelles du M23 poursuivent leur série des conquêtes et des attaques contre des nouvelles zones dans le territoire de Rutshuru. Dans un espace de seulement trois jours, ces rebelles soutenus par le Rwanda et l’Ouganda sont parvenus à prendre le contrôle de trois villages importants du groupement de Binza, dont Kisharo, Buramba et Nyamilima avec des visions de progresser jusqu’au poste frontière d’Ishasha, seul porte d’entrée congolo-ougandaise qui, depuis le début de la guerre échappe au contrôle rebelle.
Pour l’instant, il ne paraît pas hâtive de déduire que cette rébellion n’éprouve pas une quelconque volonté de se retirer définitivement du territoire sous leur contrôle comme le veut la sous région et récemment les Nations-Unies dans une sortie médiatique faite la fin de l’année 2022.
Nyakakoma reste le seul point stratégique qui continue à avoir un important dispositif sécuritaire pour tenter d’empêcher ces rebelles de s’emparer de ce lieu suite à sa position stratégique à la littorale du lac Édouard servant de pont entre les territoires de Rutshuru au Sud, Beni au Nord et Lubero au Nord-ouest à côté de l’Ouganda à l’Est. Ce point reste un lieu facile de prendre le contrôle de la frontière de Kadindi, poumon économique de la région si jamais les rebelles parvenaient à arracher Nyakakoma aux FARDC.
Diddy MASTAKI