Dans la province de l'Ituri, où la mesure exceptionnelle de l'état de siège est en vigueur depuis plus d'un an et demi, les groupes armés locaux d'autodéfense continuent de semer la mort sur leurs passages. Cette situation chaotique, qui pourrait perdurer si rien n'est fait, inquiète plusieurs notables locaux ainsi que ceux de la province voisine du Nord-Kivu.
Au moins une vingtaine de morts, dont des femmes et des enfants, c’est la dernière nouvelle qui émane des sources locales du territoire de Djugu. Selon des sources sécuritaires ainsi que ceux de la société civile, les auteurs de ces actes macabres sont des présumés combattants de plusieurs factions du groupe rebelle CODECO.
Pour Jonas Kasimba, homme d'affaires et notable du Nord-Kivu ayant plusieurs attaches dans la province de l'Ituri, il est essentiel que des voix s'élèvent pour dénoncer la situation sécuritaire chaotique dans cette partie du pays, qui laisse malheureusement de nombreuses victimes dans son sillage et est à l'origine du déplacement massif des habitants.
Plusieurs politiciens et natifs de l'Ituri vont dans le même sens dans leurs diverses déclarations et soutiennent la même idée. À l’unanimité ceux-ci pensent par ailleurs qu'il est temps de trouver une solution pour mettre fin aux souffrances de la population et, surtout, de trouver une autre alternative à l'état de siège, qui a clairement montré ses limites.
Parallèlement, une polémique a progressivement émergé ces derniers jours chez certains politiciens qui remettent en cause la compétence des autorités militaires qui dirigent actuellement la province de l'Ituri. De plus en plus d’interrogations sont formulées autour des mesures que les autorités provinciales mettent en place pour mettre fin à ce drame.
Insistant ne pas vouloir prendre part à cette polémique, Jonas Kasimba estime qu'il est important de soulever cette question et de rappeler à l'administration militaire où se situe l'urgence. "C'est l'occasion d'inviter le gouverneur militaire à se concentrer sur l'essentiel, la protection des civils et la libre circulation des personnes et des biens", a-t-il expliqué.
Il y a moins de 48 heures, le caucus des députés nationaux de l'Ituri a abordé le même problème dans une déclaration officielle dans laquelle il a formulé une série de recommandations à l'intention du gouvernement central. Les députés de l'Ituri souhaitent qu'une table ronde soit organisée comme promis par le Président Tshisekedi et que le programme de désarmement soit accéléré.
CongoRassure