Alors que les manifestations contre la force de l'EAC se poursuivent à Goma, au Nord-Kivu, et que des voix s'élèvent de plus en plus sur tout le territoire congolais pour dénoncer l'attitude passive de cette force régionale, Kinshasa rappelle que ces troupes étrangères sont là pour se battre aux côtés des FARDC.
« Le mandat de la force régionale est sans équivoque offensif, conformément à la lettre et à l'esprit des communiqués des trois conclaves des chefs d'État de l'EAC d'avril et de juin à Nairobi, ainsi que du communiqué final du mini-sommet de Luanda précité », a réagi dimanche le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Christophe Lutundula, se félicitant de la réunion tenue samedi dernier à Bujumbura pour évaluer "la mise en œuvre du communiqué final du mini-sommet de Luanda du 23 novembre 2022, dans le cadre des processus de paix de Nairobi et de Luanda".
Au nom du gouvernement de la RDC, Christophe Lutundula a fait comprendre que Kinshasa a noté que les participants avaient unanimement constaté la non-application de la feuille de route du mini-sommet de Luanda par le M23. Cette non-application a conduit à une escalade de la tension au Nord-Kivu, ce qui est très préoccupant", a-t-il poursuivi. « Ils ont également reconnu les obstacles qui entravent l'action de la force régionale de la Communauté d'Afrique de l'Est dans l'exécution de son mandat ».
Pour les autorités congolaises, qui n'excluent pas totalement le dialogue politique et diplomatique interne pour une solution durable à la crise sécuritaire à l'Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs, il faut d'abord la fin des attaques du M23 contre les positions des FARDC et les troupes de la MONUSCO, son retrait des zones occupées, son cantonnement dans des localités déterminées, le retour des personnes déplacées dans leurs foyers et la cessation du soutien au M23 par les Forces de défense rwandaises.
Kinshasa estime par ailleurs que seul le respect strict des prescriptions des trois Conclaves des Chefs d'Etat de l'EAC et du Communiqué final du Mini-Sommet de Luanda du 23 novembre 2022 permettra de restaurer la confiance entre les Etats de la Région et d'ouvrir des perspectives crédibles de paix.
"Ainsi, le processus politique, le cessez-le-feu, le retrait des groupes armés, le dialogue et le déploiement des troupes de la Force régionale de l'EAC mentionnés dans le Communiqué du Sommet de Bujumbura publié le samedi 4 février par le Secrétaire général de l'EAC restent dans le cadre des processus et instruments de paix de Nairobi et de Luanda, qui sont soutenus par l'ensemble de la communauté internationale", indique le ministre Lutundula, notant au passage que la RDC reste engagée dans ces deux processus et soutiendra toute initiative visant à les faire aboutir.
CongoRassure