Dans trois mois, la mesure sécuritaire exceptionnelle de l'état de siège aura totalisé deux ans. Alors que de nombreuses organisations de la société civile du Nord-Kivu et de l'Ituri protestent depuis plusieurs mois contre cette mesure qu'elles jugent "infructueuse" au regard des résultats sur le terrain, la sénatrice d'opposition Francine Muyumba assure que cette question sera abordée lors de la session extraordinaire qu’elle réclame.
Est-ce le début de la fin de l'état de siège dans les provinces orientales du Nord-Kivu et de l'Ituri ? Il est difficile de l'affirmer pour l'instant. Il faudra avoir au préalable le go des parlementaires, par leurs votes, pour que cela soit le cas. Toutefois cette question qui est au centre des discussions dans les provinces concernées, est revenue en force depuis mardi, d’autant plus que la jeune sénatrice de l’opposition Francine Muyumba a annoncé mercredi qu'elle a initié une pétition pour la convocation d'une session extraordinaire du Parlement.
D’après Muyumba, cette session extraordinaire, si elle a lieu, permettra d'examiner la situation sécuritaire dans l'est de la RDC, notamment la question de la mesure de l'état de siège ainsi que celle des limites de l'administration militaire. Il s'agira également, selon la jeune sénatrice d'exiger du gouvernement qu'il fournisse à l'armée régulière les moyens de vaincre la rébellion du M23, comme cela avait été le cas en 2013.
"Je refuse d'être réduite au silence au moment où mes frères et sœurs de l'est du pays meurent et d'autres ne dorment pas. Le Parlement doit se réunir et prendre des positions claires sur la force régionale de l'EAC, l'état de siège et la situation de nos FARDC", a déclaré Muyumba, soulignant que les élus doivent renoncer à leurs avantages, si nécessaire, "car nous avons besoin de sacrifices internes pour vaincre l'ennemi", a-t-elle expliqué.Pour Muyumba : "Il s'agit pour nous (ndlr : les élus) de nous mettre ensemble et de nous prononcer clairement sur cette situation sécuritaire chaotique dans l'Est de notre pays".
Je viens de signer aussi au parlement une pétition pour la convocation d’une session extraordinaire sur la situation dégradante sécuritaire dans le Nord Kivu&l’Ituri. Aucun parlement sérieux au monde, dans des moments sombres de l’histoire de son pays, ne serait en vancances. pic.twitter.com/CrsWW2j8KO
— Amb.Francine MUYUMBA NKANGA 🇨🇩 (@Muyumba) February 6, 2023
Et concernant la position passive adoptée par la force EAC depuis son accueil sur le territoire congolais, Francine Muyumba, qui estime que si elle ne veut pas aider les FARDC, elle doit quitter le pays, se prononce clairement en faveur du choix d'une force de la SADC. Elle déplore en outre le fait que le gouvernement ait menti aux Congolais en leur faisant croire que cet accord avec les pays de l'EAC "réglera définitivement la question de la stabilité, de la sécurité et de la paix tout en sachant qu'ils n'iront pas au front".
"Que font ces troupes déployées en RDC si elles ne peuvent pas aller au front ? Comment comprendre un accord de la force régionale déployée à l'Est de la RDC pour rétablir la stabilité, la paix et la sécurité alors qu'elle n'est jamais allée au front ? ", s’est interrogée Francine Muyumba, ironisant sur le fait que ces forces étrangères de l'EAC vont rétablir la paix dans leurs bases climatisées. "Non, si c'est pour cela, elles doivent partir", a-t-elle insisté.
KMC, Kinshasa