La région de l'Ituri continue de faire face à l'insécurité, en particulier avec la présence des milices de la Codeco dans les environs de Fataki. Cette situation empêche les habitants d'accéder à leurs champs et perturbe leurs activités socio-économiques.
Selon des témoignages recueillis sur place par buniaactualite.cd, les milices de la Codeco contrôlent plusieurs localités dans les environs de Fataki, ce qui empêche les habitants d'accéder à leurs champs éloignés, où la production est abondante.
Les opérations militaires menées jusqu'à présent n'ont pas permis de résoudre la situation, mais ont plutôt amené les assaillants à s'éloigner du centre, disent les locaux.
"C'est difficile d'aller loin, le champ d'à côté ne nous aide qu'à survivre, mais si on va plus loin, on risque de se faire massacrer, alors que les plus grosses productions se font un peu plus loin du centre", explique un habitant.
La situation est également préoccupante pour les commerçants, qui ont choisi de fermer leurs activités et de partir ailleurs. "Les boutiques ouvrent, mais pas comme avant, beaucoup ont fui. Nous n'avons presque plus de travail", se plaint un autre habitant.
Les taximen motos rencontrent également de nombreuses difficultés pour se déplacer en dehors de Fataki en raison de l'insécurité, et ils demandent des solutions militaires pour résoudre la situation.
"Ils ont dit qu'ils sont en train de régler la situation, mais nous ne sommes pas totalement en sécurité. Si nous allons plus loin, soit nous sommes tués, soit ils prennent nos motos. La Codeco est là", témoigne un conducteur de moto taxi.
Fataki est situé sur l'axe RN27 Bunia-Mahagi, dans le groupement qui porte le même nom dans le secteur Walendu-Tatsi du territoire de Djugu. Ce centre, réputé pour ses poulets grillés, a été victime d'une attaque de la Codeco en juin 2022, ce qui a perturbé les activités socio-économiques et entraîné un déplacement massif de la population vers Jaiba et Rho. Il est parmi les rares centres Lendu mais également occupés par le Hema en territoire de Djugu.
Marcus Jean Loika, Bunia