Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République Démocratique du Congo au sujet de la situation sécuritaire, humanitaire et socioéconomique qui prévaut au Nord-Kivu, des députés provinciaux ont émis leur vœu de voir le Chef de l'Etat congolais opter la voix pacifique pour éviter d'autres morts de civils.
Ces élus se sont réunis ce mardi 28 Février aux fins d'analyser les causes profondes qui endeuillent la Nation congolaise et qui contraignent des milliers des personnes au déplacement en entraînant une catastrophe humanitaire ainsi qu'une destruction du tissu économique et social, considérant la détérioration des relations bilatérales et multilatérales entre les États de la région des Grands Las africains.
Ils disent être préoccupés par le caractère tribalo-ethnique et la méfiance que veut provoquer cette guerre en mettant en moule tous les efforts des institutions nationales, régionales, africaines et internationales pour ramener la paix dans la sous-région.
Tout en réitérant le respect de la souveraineté, l'intangibilité des frontières et l'indépendance des États de la région dans leurs limites de 1885, et au vu de l'accord cadre d'Addis-Abeba, de la feuille de route de Luanda, des communiqués de Nairobi ainsi que celui de Bujumbura sur la paix à l'Est de la RDC, et tenant compte des efforts considérables de nos forces de défense et de sécurité, dans la perspective de trouver une paix durable à la crise qui secoue l'Est de la RDC, ils dressent une série de recommandations à savoir :
La cessation immédiate des hostilités, le désengagement immédiat des éléments M23, privilégier la résolution pacifique à la crise de l'Est afin d'éviter d'enregistrer d'autres morts qui se comptent déjà par centaines parmi les populations civiles, implication des députés provinciaux, nationaux ainsi que les notables du Nord-Kivu dans la conduite du processus de paix, l'ouverture des couloirs humanitaires et des voies routières bloquées dans toutes les zones affectées par les conflits armés notamment les axes Goma-Rutshuru-Kanyabayonga, Goma-Kitchanga, Goma-Masisi-Walikale.
Il en est de même dans cette série de recommandations, de l'analyse des causes profondes de la présence prolongée des FDLR et des ADF au Nord-Kivu afin de les retourner dans leurs pays d'origine, la création d'un climat d'apaisement et de sécurisation mutuelle entre les États de la région en veillant à l'acte de non-agression, le renforcement de la brigade FIB avec un mandat offensif, la prise des mesures urgentes exceptionnelles favorisant la poursuite du processus électoral en cours afin que les élections se tiennent dans le délai constitutionnel.
Emmanuel MWENE, Goma