L'insécurité bat son plein dans la province du Bas-Uélé, dans le nord de la République démocratique du Congo. Deux attaques consécutives d'hommes armés ont eu lieu dans le territoire d'Ango, dans la chefferie de Mopoy, rapportent la société civile locale et les députés élus de la région. Plusieurs enfants ont été enlevés dans la zone.
La première attaque par des hommes armés a eu lieu le 28 février, lorsque 28 personnes ont été enlevées dans deux villages, Banda et Zamoy. Les autorités locales ont signalé que 25 enfants ont été emmenés dans la brousse, dont 12 filles et 13 garçons. Trois adultes ont été libérés par les assaillants.
La député nationale d'Ango, Neema Grâce, contactée par CONGORASSURE.CD a condamné l'attaque, avant de plaider pour un renforcement des effectifs militaires dans la zone. "En tant que député nationale élue de cette partie du pays, j'ai toujours demandé un renforcement des militaires dans notre région. La frontière est largement ouverte. A tout moment, tout peut arriver. Il n'y a pas de militaires, encore moins de policiers", a-t-elle commenté, reprochant aux autorités nationales de négliger cette question, alors que la zone située à la frontière entre la RDC et ses deux voisins, la République centrafricaine et le Soudan du Sud, est reconnue comme une zone rouge.
Par ailleurs, un autre enlèvement a eu lieu le samedi 5 mars dans les villages de Zambasende. Sept personnes ont été enlevées. Selon le rapporteur de l'assemblée provinciale du Bas-Uélé, monsieur Antoine Gambolipay, les victimes sont cinq garçons mineurs, une fille et un homme âgé.
"Nous constatons qu'en plus de la LRA qui sème la terreur et la désolation dans cette partie du Territoire National, il y a aussi le groupe SELEKA. Ainsi, nous demandons au Commandant du Secteur Opérationnel de DUNGU, au Commandant Chef d'Etat Major et à l'implication personnelle du Commandant Suprême des FARDC de renforcer le Bataillon d'ANGO en hommes et en logistique afin de permettre la poursuite de ces assaillants et de pouvoir récupérer ces enfants de ce recrutement forcé et qui risquent de périr dans la brousse", a-t-il dit.
Pour le chercheur, analyste et expert de la question de l’UELE à EBUTELI, le professeur Agenonga Chober, même si certaines sources privilégient la piste de la LRA, un groupe politico-religieux religieux d'origine ougandaise qui a longtemps opéré dans cette région avant de fuir, face à la puissance de feu de l'armée congolaise qui l'ont traquée conjointement avec la MONUSCO et l'armée ougandaise, cette piste est à prendre jusque-là avec beaucoup de réserves, bien que le modus operandi ressemble fortement à ce qu’il faisait dans le passé.
Concernant les raisons possible derrière ce kidnapping, il explique : « Des groupes armés qui ont enlevé les enfants par le passé les réduisant, son le cas, à des esclaves sexuelles quand il s'agissait des filles, et à des combattants quand il s'agit des garçons. Je présume qu'il s'agisse d'un groupe armé dont la motivation serait celle de recruter de force des combattants. Pour grossir les rangs ».
Chober estime dans son analyse qu’il est crucial pour Kinshasa de réagir car dit-il, la mission régalienne de l'Etat consiste en la sécurité des personnes et leur bien et à garantir l'intégrité territoriale et ici il s'agit d'une menace que fait peser des groupes armés ayant de ramifications extérieures dont les motivations ne sont pas connues et qui sont responsables des exactions contre les civils et le braconnage dans le domaine de chasse de Bas-Uéré, la plus grande aire protégée congolaise qui s'étend sur les territoires de Bondo et d'Ango.
CongoRassure