La situation sécuritaire de la ville de Goma demeure très inquiétante depuis le déclenchement de la guerre que mène la rébellion du M23 depuis le mois de novembre 2023 dans une partie de la province du Nord Kivu, dans la partie Est de la RDC.
Ces conflits armés ont fait plusieurs centaines de milliers de personnes déplacées, cette rébellion a pris le contrôle de plusieurs parties des territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi, cela en dépit de la présence de la force régionale de l'Est African Communauty et les forces onusiennes de la MONUSCO dans la zone.
Cette avancée rebelle qui se veut inquiétante a été à la base de plusieurs cas des soulèvements populaires dans les grandes villes de la province victime et dans certaines autres provinces du pays. Cette turbulence déclenchée depuis le mois de juin 2022 dernier juste après la chute de la cité frontalière de Bunagana consistait en gros de dénoncer une énième invasion de l’armée rwandaise en RDC, selon nombreux rapports du régime de Kinshasa et des experts des Nations-Unies.
Mais plus les mois passent, les combattants du M23 s’approchent petit à petit de la capitale provinciale du Nord-Kivu par le front Ouest, celui de Masisi après la chute entre leurs mains d’une partie de ce territoire minier.
Face à cette situation, nombreux mouvements citoyens et groupes de pression actifs en ville de Goma ont multiplié des manifestations populaires pour demander à la fois le départ de la MONUSCO et la FREAC et de dénoncer l'implication du Rwanda accusé comme instigateur principal dans ce conflit et surtout la cessation immédiate de la guerre.
Dans une interview avec CONGORASSURE.CD, plusieurs habitants de Goma perçoivent dans le sens négatif la récurrence de journées ville-morte qui vont jusqu’à être sanglantes. Selon certains de ces habitants, la situation actuelle que traverse la ville n’est plus favorable à dénoncer ces avances rebelles à travers des soulèvements populaires. Cela pourrait d’une manière ou d’une autre favoriser l'infiltration rebelle dans la ville.
«Je suis un compatriote, je pense encore plus que les organisateurs de ces marchés et journée ville morte. Mais bien que nous pensons qu’en manifestant nous poussons le monde à voir notre degré de souffrance et pousser les FARDC à être plus offensives, nous jouons un rôle très négatif du point de vue sécuritaire. D’abord nous ne sommes pas en mesure de connaître qui manifeste avec nous, pourquoi et d’où vient-il. Quand nous parlons des infiltrations, c’est nous qui sommes à la base de tout ça », souligne cet habitant.
Par ailleurs, les avis des autres restent partagés entre le social et la sécurité. Ils vont un peu plus loin en pensant que parmi les organisateurs de ces manifestations se trouveraient des agents doubles susceptibles de travailler pour le compte de l’ennemie en profitant de la naïveté de jeunes congolais.
«Que ces gens arrêtent de nous déranger avec leurs grèves qui ne nous ont jamais apporté des solutions. Nous autres nous vivons au taux du jour, eux sont payés pour troubler la situation. S’ils sont conscient que le pays est en danger, qu’ils partent porter les armes comme les autres et aider à combattre l'ennemi», se plaint un vendeur des souliers usagés.
«Nous devons apprendre à agir comme des grandes personnes. Les Ukrainiens n’ont pas perdu leur temps en déstabilisant leur propre pays face à la guerre de la Russie. Ils ont réagi en combattant les Russes. Voilà l’attitude que nous devons prendre et pas être pris dans le piège des rebelles qui nous poussent aux troubles pour nous infiltrer», ajoute cet autre.
Ces habitants exhortent la jeunesse à mettre de côté cette façon d’agir qui reste loin d’apporter des solutions au problème le plus profond dans lequel se trouve actuellement le pays.
Diddy MASTAKI