L'insécurité prend une proportion inquiétante depuis quelques semaines dans la ville de Goma. Chaque soir, des hommes munis d'armes à feu font la loi dans certains coins de la ville et emportent tout à leur passage à défaut de tuer.
Une victime de l'insécurité qui a échappé à un meurtre la nuit dernière a accepté de donner son témoignage à CONGORASSURE.CD
Le récit
19 h 30', Jean Lucien Muyisa (Nom d'emprunt pour raisons de sécurité) 33 ans rentre de son milieu de travail en ville. Le transport en commun qu'il emprunte habituellement pour regagner son domicile situé dans le quartier Kyeshero, c'est le bus.
Il descend au niveau du rond-point ULPGL, pour ceux qui connaissent Goma, c'est l'un de plus grands carrefours de la ville et une référence-arrêt bus situé dans la partie Sud de la ville de Goma.
Ce soir-là, Jean Lucien Muyisa n'avait que dix mille francs congolais en poche. Il paie ne serait-ce que mille francs congolais à son transport habituel et décide d'acheter quelques fruits pour ses enfants dans un petit marché des fruits très fréquenté situé au même rond-point.
Il fait déjà 20 h 00', Il doit se précipiter déjà pour arriver à la maison, car c'est pendant ces heures-là que les malfrats opèrent dans les avenues de son quartier. Son domicile est à près de vingt minutes minutes de la route principale. Malheureusement, avant de franchir la porte de sa clôture, Jean Muyisa tombe dans les mailles des filets de ces bandits armés.
Première question lui posée en lingala, une langue nationale "Monsieur owuti wapi?" traduit littéralement par "Monsieur d'où viens-tu ?", effrayé et sans défense, il répond sans espoir : "du travail Monsieur".
Ces malfrats au nombre de quatre armés jusqu'aux dents et en tenues semblables à celles de l'armée lui demandent sur-le-champ de déposer par terre tout ce qu'il a en poche.
Il hésite et veut s'expliquer, l'un des quatre bandits dirige directement le canon de son fusil vers lui et menace de tirer s'il n'obéit pas aux ordres donnés.
L'homme insiste qu'il n'a rien sur lui et finalement pour le terrifier davantage, une balle est tirée dans l'air... Jean Muyisa transpire à cette heure-là alors qu'il fait très froid sur la ville.
Finalement, il va céder aux intimidations et déposer ses pièces d'identité et ses 5000 FC par terre et simultanément, l'un des malfrats lance : " Tu as de la chance, si tu n'avais rien en poche j'allais te tuer ce soir même, pars vite et si tu regardes en arrière je te tue..."
C'est comme ça qu'il va réussir à se tirer des mailles des filets de ces malfrats qu'il n'a plus revus après s'être tourné. Le seul souvenir qu'il garde en tête, c'est le canon d'arme qui lui était tourné et ce jour-là, s'il n'avait pas ses 5000 Fc en poche, il allait y laisser sa peau...
Plusieurs organisations de la société civile ont demandé aux autorités de trouver une solution rapide à la montée exponentielle de l'insécurité caractérisée par une criminalité urbaine à Goma en cette période exceptionnelle de l'état de siège.
Daudi Amin