La situation sécuritaire au quartier Majengo dans la partie Nord-Est de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu en RDC commence à prendre une nouvelle allure qui devient de plus en plus inquiétante.
Les habitants de cette partie de la capitale provinciale du Nord-Kivu vivent depuis près d’un trimestre passé dans l’insécurité la plus totale caractérisée par des incursions des groupes d’hommes communément appelés « 40 voleurs », des assassinats tant bien nocturnes que diurnes.
Ces habitants dénoncent cette situation qu’ils attribuent à ce qu’ils qualifient “de passivité” des services de sécurité au niveau urbain malgré que la ville de Goma est le siège de toutes les institutions de la province du Nord-Kivu et surtout avec le régime exceptionnel de l’état de siège dans lequel elle se trouve avec la gouvernance et la gestion de presque tous les secteurs, dont celui de la sécurité qui reste entre les mains des militaires et policiers.
« Nous avons toujours du mal à comprendre comment la criminalité urbaine, le vol à main armée peuvent se pérenniser à Goma et surtout dans certains quartiers comme Majengo, Katoy, Kasika, Ndosho et Kyeshero. Chose grave, cela semble ne pas intéresser nos autorités. On tue, on vole à des courtes distances des pistes de la police. C’est le cas de l’opération 40 voleurs qui s’est passé dans deux maisons près de chez moi. À une centaine de mètres du bureau de la police Majengo! Ça nous fait vraiment très mal », réagit un habitant de Majengo.
Pour cet autre habitant, la situation semble dégénérer à cause du manque de contrôle et de suivi des déplacés de la guerre du M23 qui restent cantonnés dans plusieurs sites de déplacés à Goma comme dans le territoire de Nyiragongo. Selon lui, ces camps renferment toute catégorie de personnes qui restent incontrôlées, à côté de la situation humanitaire déplorable qu’elles traversent. Toutes les éventualités se veulent très possibles. Il appelle à cet effet les autorités à se pencher sur cette question des déplacés avant de chercher la solution sur la situation actuelle sur le dos de la cuillère.
Par ailleurs, au sein de la classe politique de la ville de Goma, le discours reste équilibré. D’un côté, il dénonce la persistance de l’insécurité dans cette ville qui traverse une situation socio-économique très déplorable suite à la guerre du M23 ayant coupé depuis plus d’une année la connexion entre Goma et le reste de la province, de l’autre côté, il appelle la population locale à collaborer avec les services de sécurité en dénonçant tous les cas suspects d’être impliqués dans la déstabilisation de la ville.
Diddy MASTAKI, Goma