Plus de deux ans après l'instauration de l'état de siège dans la province de l'Ituri, la situation sécuritaire dans cette partie de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) reste très préoccupante. Selon Marc Karna Soro, chef du bureau de la Monusco dans cette province, 530 civils ont été tués dans les régions de Djugu et Mahagi au cours des six derniers mois lors d'attaques de groupes armés.
Lors d'une conférence de presse organisée à Bunia dans le cadre de la Journée de la liberté de la presse, célébrée chaque année le 3 mai, Marc Karna Soro a précisé que ces tueries ont eu lieu entre décembre 2022 et mai 2023. Il a également promis des opérations militaires de grande envergure en collaboration avec les forces armées de la RDC pour réduire le cycle de la violence en Ituri.
Le chef de la Monusco a par ailleurs souligné la nécessité de trouver des solutions durables pour protéger la population civile et restaurer la sécurité dans la région de l'Ituri. Il a également insisté sur l'importance de la collaboration entre la mission de l'ONU et les responsables de l'état de siège.
Pour sa part, le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des opérations militaires en Ituri, a indiqué que la collaboration entre les forces armées de la RDC et les forces de la Monusco est bonne et a assuré que des mesures sont prises pour réduire l'insécurité dans la région.
Malgré l'état de siège décrété depuis 2021 par le Président Félix Tshisekedi, la situation en Ituri n'a cessé de se dégrader. Plusieurs massacres ont été perpétrés par des groupes armés, entraînant des déplacements massifs de la population et une insécurité alimentaire croissante. En effet, les agriculteurs sont souvent contraints de fuir les zones d'insécurité, abandonnant ainsi leurs champs et leurs cultures. Cette situation a un impact négatif sur l'économie de la région.
CongoRassure