Le Parc National des Virunga (PNVi) est un patrimoine mondial de l’UNESCO, situé en province du Nord-Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
En plus d’un dégât collatéral humain important enregistré dans les zones sous contrôle des rebelles du M23, les ressources naturelles et la biodiversité de cette province sont également affectées par la guerre du M23.
Selon plusieurs témoignages des voyageurs sur certains tronçons officiellement coupés de tout trafic, les combattants de cette rébellion s’attaquent également à la biodiversité de ce vieux Parc d’Afrique.
Dans son témoignage anonyme à Congorassure.cd, un motocycliste en provenance de Butembo pour Goma via Mabenga et Kiwandja, dans le territoire de Rutshuru fait état d’une dévastation d’une partie de ce parc transformé en champs pour l’agriculture vivrière.
« Je pars au moins deux fois par semaine à Butembo. Lorsque nous quittons Goma, la majeure partie du parc avant d’atteindre Kibumba est actuellement non identifiable. Toute cette partie est déjà déboisée et toute la journée ce sont les sons des tronçonneuses qu’on attend. De Kiwandja à Mabenga, donc de Kahunga nous voyageons croyant que nous sommes encore dans la chefferie, mais on se rend compte lorsqu’on atteint le pont Mabenga. Toute cette partie est déjà aussi déboisée et transformée en champs », décrit ce motocycliste.
Il affirme que toute cette partie a été convertie en champs par les combattants du M23 qui les cèdent à la population locale qui y met ses cultures des maïs et haricots moyennant le paiement d’une redevance en nature d’un sac pour une production saisonnière de dix (10) sacs et plus pour toute production de moins de dix (10) sacs.
Par ailleurs, celui-ci parle d’une exploitation clandestine des minerais dans les eaux terrassés, situées non loin de Mabenga dans le Parc National des Virunga.
« En réalité la route dans le parc n’est pas fermée à la circulation. Lorsque nous quittons Kiwandja vers Kanyabayonga, nous ne sommes pas inquiétés par qui que ce soit. C’est à hauteur de Mabenga, position que se partagent les M23, les éco-gardes, les troupes Ougandais de l’EAC et les FDLR qu’une déviation est créée où nous devons passer par la brousse. Ce sont les FDLR qui nous aident à traverser la rivière Rutshuru sur un bac qu’ils ont mis en place. Là, ce sont des blancs que nous voyons circuler en toute quiétude vers les eaux thermales (Mayi ya moto) ndlr et ce sont des grands moteurs qui se font entendre toute la journée comme la nuit sans repos. Les FDLR nous ont dit qu'ils ne savent pas ce qui se passe, mais soupçonnent une exploitation imminente des minerais », témoigne-t-il.
Il affirme par ailleurs que l’accès à cet espace d’environ deux kilomètres leur est interdit pendant leur voyage.
Il appelle à cet effet le gouvernement de Kinshasa à diligenter les enquêtes pour savoir ce qui se passe exactement à ce lieu sous les yeux de la Force Régionale de l’EAC mais sans qu’aucune opposition ne soit faite.
Diddy MASTAKI, Goma