Les déplacés à la suite du massacre de plusieurs civils à Tongo expriment leur indignation et pointent du doigt le manque de volonté politique des dirigeants congolais pour mettre fin à la guerre menée par les combattants du M23. Les déplacés, toujours cantonnés dans divers sites du territoire de Nyiragongo, estiment que malgré deux ans de guerre et des centaines de morts civils, les dirigeants congolais restent davantage concentrés sur la préparation des élections plutôt que de prendre des mesures pour mettre un terme à ce conflit.
Le dernier massacre, perpétré par des présumés combattants du M23 dans le groupement de Tongo, a indigné les déplacés qui dénoncent également le silence troublant des dirigeants congolais face à ces atrocités. "La guerre dans nos territoires semble ne pas être importante, voire inquiétante pour les dirigeants congolais. Pendant que le calme règne en première ligne, ces politiciens semblent oublier qu'ils ont le devoir de mettre fin à cette guerre. Pendant ce temps, nos frères, nos enfants, nos pères et nos mères sont exterminés comme des mouches. La seule chose qui semble importer pour eux, c'est la préparation des élections pour se maintenir au pouvoir !" s'exclame un déplacé.
Par ailleurs, les déplacés soulignent le fait que le gouvernement est en train de créer de nouvelles milices et groupes de jeunes résistants, qui pourraient, à l'avenir, se transformer en bandits cherchant à se venger des atrocités commises par le Rwanda et l'Ouganda sous couvert de la rébellion du M23.
Les déplacés exigent des actions d'envergure contre cette rébellion afin de mettre fin à ses activités sur le sol congolais, en particulier dans les régions de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo, cibles récurrentes de cette rébellion à prédominance tutsie depuis le début de la deuxième guerre du Congo avec l'apparition du RCD, du CNDP et du M23 sous différentes formes.
Diddy MASTAKI