Les débats enflammés se poursuivent au sein de l'opinion autour du retrait de la mission de maintien de la paix des Nations Unies de la RD Congo. Josiah Obat, chef du bureau de la MONUSCO/Beni-Lubero a tenu à apporter certains éclaircissements. Lors d'un déjeuner de presse tenu le mardi 8 août 2023, celui-ci a pris la parole pour répondre à certaines des interrogations qui persistent autour de cette transition.
Alors que les appels au départ de la MONUSCO se multiplient, Josiah Obat a tenu à souligner que la mission s'est déjà retirée de la majorité des provinces de la République Démocratique du Congo. Sur les 26 provinces que compte le pays, la MONUSCO n'est active que dans 4 provinces, ce qui reflète un retrait substantiel. Obat a ainsi mis en avant la réalité de ce départ progressif, mettant en perspective les dimensions géographiques de l'engagement onusien.
“Ils sont en train d'enfoncer une porte qui est déjà ouverte. Sur 26 provinces que compte la RDC, nous ne sommes plus présents que dans à peine 3 ou 4 provinces", a-t-il commenté.
Obat a saisi cette occasion pour interroger le concept de leadership, lançant un appel implicite aux critiques et aux appels à la violence. Il a mis en lumière le besoin de construire, de contribuer positivement à la société, et a pointé du doigt les responsabilités des individus qui réclament le départ de la MONUSCO. Il a dans la foulée soulevée quelques questions : “Est-ce-que vous avez construit une école, un hôpital ou des routes dans votre région ? Est-ce-que vous avez aidé les jeunes à aller étudier ailleurs ? Ce sont des choses que la population attend de ceux et celles qui la représentent, plutôt que d'inciter les gens à la violence”.
La transition est une réalité, a par ailleurs affirmé le chef de bureau de la MONUSCO/Beni-Lubero. Il a fait savoir que les congolais ont accepté de résoudre leurs problèmes entre eux, ce qui d’après lui, a poussé la mission à fermer certains de ses bureaux. Obat a en outre exprimé l'espoir que les conditions nécessaires seront remplies au moment du retrait complet de la mission, pour éviter tout retour futur.
“Nous espérons que les conditions minimales seront remplies au moment du départ de la MONUSCO du Congo, pour qu'on n'ait pas à revenir, comme c'est le cas en Haïti... Il y a aussi eu d'autres exemples heureux, notamment la côte d'ivoire, la Sierra-Leone... où les Nations-Unies se sont retirées et ne sont plus retournées ".
Parallèlement, concernant le rôle que doivent jouer les médias, Josiah Obat a une fois de plus insisté sur leur responsabilité. Il a à l’occasion appelé les journalistes et les professionnels des médias dans l’ensemble à séparer leurs émotions ainsi que leurs appartenances communautaires de leur rôle de journalistes. “Le mélange des deux a parfois conduit à des incompréhensions et à la désinformation. Nous ne vous interdisons pas de critiquer la MONUSCO, mais venez aussi nous écouter pour prendre nos points de vue, surtout pour des sujets qui nous concernent”, a-t-il déclaré, insistant sur le fait d’éviter la propagation de rumeurs non vérifiées.