Le politologue Julien Paluku Kahongya propose au gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) la création d’un Etat-major pour gérer les opérations en Ituri et au Nord-Kivu.
Cette proposition est contenue dans un document intitulé « contribution à l’intention de trois (03) commissions de la table ronde sur l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri » adressée mardi 15 août 2023 à Kinshasa.
Ce Doctorant à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), en Faculté des Sciences Sociales et Politiques pense que cette mesure exceptionnelle n’a pas produit des résultats escomptés dont la restauration de l’autorité de l’état et de la paix. Pour appuyer son argument, il cite la résurgence du M23 en juin 2022 avec l’occupation des territoires de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo, et les massacres des civils à à Ntamugenga, Tongo, Kitchanga, ...
« La prolifération de groupes armés en Ituri et au Nord-Kivu au point d'en dénombrer maintenant plus de 200 ; La flambée des conflits fonciers, suscitant ainsi de réflexe d'autodéfense de part et d'autre. Des cimetières sont profanés, des concessions et bâtiments publics sont spoliés à grande échelle », fait-il savoir, tout en saluant en même temps l’augmentation de 30% des recettes de l’Etat.
Ce chercheur en Management des conflits armés note que deux (02) ans et trois (03) mois après l'instauration de l'état de siège, la situation sécuritaire reste la même si pas pire qu'avant. Au regard de la persistance de l’insécurité, il estime que l’état de siège n’est pas une panacée à résoudre la crise.
Sur le plan diplomatique et politique, Julien Paluku propose au gouvernement Congolais de poursuivre les processus de Naïrobi et de Luanda car, selon lui, un pays ne peut se développer en vase clos.
« Dans cette optique, il est nécessaire de mettre des moyens financiers dans le Programme DDRC-S au lieu de se limiter à des déclarations d'intention », insiste-t-il.
Sur le plan militaro-politique, ce politologue préconise le retour des civils à tous les niveaux de l'administration territoriale surtout que, outre les autorités élues au niveau provincial, il y a de nouvelles autorités nommées à la tête des villes, des territoires et des communes et qui constituent des maillons importants dans l'accompagnement de l'action militaire.
« Un militaire et/ou un policier ne peut continuellement diriger une entité administrative surtout que la constitution et les lois stipulent qu'ils sont soumis à l'autorité civile. Si eux-mêmes exécutent le pouvoir civil, à quelle autorité civile seront-ils alors soumis ? », s’interroge-t-il.
Il évoque aussi la création d’un Etat-Major Général avancé à Beni servant de point central pour gérer les opérations en Ituri et au Nord-Kivu. Ce qui entraînera le rallongement de l’aéroport de Beni jusqu’à 2 500 m, travaux possibles en 3 mois selon les études récentes.
À l’en croire cet Etat-Major Général avancé doté des pouvoirs exceptionnels dérogeant à l’organisation générale des forces armées doit être placé sous le commandement direct du Commandant Suprême. Enfin, Julien Paluku Kahongya n’exclut pas une mesure de relocalisation des commandants ayant servi pendant plusieurs années sans interruption en vue de renforcer les nouvelles dispositions.
Martin Leku