Depuis la persistance de la guerre du Mouvement de 23 mars dans une partie de la province du Nord-Kivu, la coopération civile-militaire commençait à prendre un bel élan pour que les deux (02) parties fassent un front commun pour barrer la route à l’avancée rebelle occupant la commune rurale de Kibumba, dernier verrou sécuritaire protégeant la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu.
Bien que la population de cette ville montrait majoritairement son désaccord avec l’armée sur un certain nombre de points pendant cette gouvernance du régime exceptionnel de l’état de siège dont la persistance de la guerre, le bilan mitigé de ce régime ainsi que la recrudescence de l’insécurité urbaine dans presque tous les coins de la province, le récent événement tragique qui a frappé la ville volcanique de Goma le vendredi 30 août dernier vient d’être perçu comme un élément catalyseur qui affecte cette relation fragile qui redonnait sourire à un poignet d’habitants de cette province.
Depuis la fusillade des plusieurs dizaines de personnes au quartier Ndosho, faisant aussi plus d’une centaine de blessés en marge d’une manifestation demandant le départ de la MONUSCO, la population de Goma commence à voir d’un mauvais œil tous les hommes en uniforme des Forces Armées de la RDC après le forfait considéré de massacre de la population qu’ils ont commis dans cette ville qui vit entre une crise économique et insécurité depuis plus d’un an suite à la présence des combattants du M23 à quelques pâtés de la capitale provinciale du Nord-Kivu dans la partie Est de la RDC.
Ce qui a tendance à ravir à ces militaires leur qualité d’agent de l’ordre et protecteur de la population, nombreuses personnes estimant qu’au lieu de protéger la population, les FARDC ont gâchette facile sur cette dernière.
Dans un constat réalisé par CONGORASSURE.CD au centre commercial de Goma et certains coins chauds de la ville, la population présente une croissance de l’hostilité face à la présence des éléments des forces loyalistes. Le seul mot qui revient en boucle devant certains militaires, c'est « je ne peux pas te rendre service. Si tu veux, tue-moi comme tu en as l’habitude ».
Une situation que certains analystes trouvent de très dangereuses dans le contexte sécuritaire actuel caractérisé par la guerre que mène le M23 dans les territoires de Rutshuru, Masisi et une partie de Nyiragongo.
C’est le cas de Tsongo Wasukundi qui appelle le gouvernement de Kinshasa à tout faire dans un délai record pour essuyer les larmes des enfants du Nord-Kivu et renforcer cette coopération civilo-militaire afin de ne pas permettre à l’ennemi de s’en servir pour déstabiliser encore davantage le pays.
Diddy MASTAKI, Goma