Les répercussions des récentes manifestations qui ont secoué la ville de Goma, visant à protester contre la présence de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), ne cessent de s'aggraver. Alors que le bilan des victimes atteint déjà 51 civils abattus lors des répressions brutales, de sombres nouvelles s'ajoutent à la liste des préoccupations.
Selon les témoignages recueillis par Olivier Tuishi Kakoti, député provincial élu territoire de Nyiragongo, de nombreux habitants des villages de Kiziba et Turunga sont mystérieusement portés disparus depuis ces événements tragiques. Incapables de contenir leur angoisse, les familles se lancent dans des recherches épuisantes dans les hôpitaux, les morgues et les centres de détention, mais en vain.
"Nous demeurons incertains quant à leur sort, s'ils ont été victimes de meurtres et enterrés en secret ou s'ils sont retenus contre leur gré dans un lieu dont nous ignorons l'existence", alerte l'éminent député. Selon lui, les autorités militaires en charge de l'État de siège du Nord-Kivu portent une part de responsabilité dans cette situation dramatique.
Une délégation du Gouvernement congolais conduite par Peter Kazadi, vice-Premier ministre de l'Intérieur, dépêché sur place par le président Félix Tshisekedi lui-même, avait confirmé le bilan officiel de 51 morts. Il a également pris l'engagement d'ouvrir des enquêtes approfondies afin de faire toute la lumière sur ces événements sanglants et traduire les coupables en justice.
Toutefois, l'absence de transparence entourant le sort des disparus alimente les craintes d'une escalade de la violence. De nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer l'inefficacité de l'état de siège à contenir les violences et réclament le rétablissement de l'ordre constitutionnel dans une région longtemps meurtrie par les conflits.
Alors que les familles continuent leurs quêtes désespérées pour obtenir des réponses et une résolution à leurs douleurs, il est indéniable que le devoir de vérité et de justice reste plus que jamais d'actualité. Les autorités doivent faire preuve de transparence et de diligence dans les enquêtes en cours pour mettre fin à l'impunité et apaiser les souffrances persistantes dans cette région en état d'urgence, disent Plusieurs observateurs.
Daudi Amin