La population de certaines agglomérations du groupement de Binza, qui reste sous le contrôle de plusieurs groupes armés, dont les Maï-Maï, les Nyatura, les CMC et les FDLR, réclame le déploiement de l'armée et de la police. Depuis la guerre du M23 dans le territoire de Rutshuru, l'autorité de l'État est inexistante dans ces zones.
La population de Nyamilima, dans le Binza, a alerté sur les multiples taxes imposées par ces groupes armés, dont une taxe mensuelle obligatoire de mille francs congolais par habitant. Selon Aimé Mukanda, un activiste des droits de l'homme dans le Rutshuru, ces groupes armés parviennent ainsi à mobiliser près de cinquante millions de francs congolais chaque mois, soit environ vingt mille dollars américains, grâce à cette célèbre "taxe vidéo" à Nyamilima, où environ cinquante mille personnes vivent.
Face à cette situation qui plonge la population dans une extrême pauvreté en temps de guerre, certains notables demandent à l'administration policière de Rutshuru, actuellement basée à Kanyabayonga, de déployer des militaires et des policiers dans le groupement de Binza afin de rétablir l'autorité de l'État et de soulager la population.
Il convient de rappeler qu'une grande partie du groupement de Binza est sans présence ni des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) ni des combattants du M23. Seuls les membres des groupes armés, actuellement appelés Wazalendo, vivent librement dans ces zones depuis la chute de Kiwandja et Rutshuru centre aux mains des rebelles du M23.
Diddy MASTAKI, Goma.