Le quartier Majengo à Goma est souvent associé à des manifestations violentes depuis 2016, dénonçant le régime de Joseph Kabila. Toutefois, la situation a récemment changé avec le soulèvement d'Eric Bwanapua, figure emblématique des manifestations à Goma, dont le quartier général est situé dans le village de Buhene, confondu à tort avec le quartier Nord de Goma.
Une population victime de stigmatisation
La population majoritairement Nande de Majengo fait face à une stigmatisation récurrente, étant assimilée aux Maï-Maï. Cette situation s'est déjà produite sous l'ancien maire de Goma, Malere Mamicho, lors d'une manifestation meurtrière où onze personnes ont perdu la vie. Eric Bwanapua et ses partisans protestaient contre la démolition de parcelles dans une zone revendiquée par un autre individu, non lié au quartier Majengo.
Des conséquences dévastatrices
Malere Mamicho avait alors qualifié la population de Majengo de Maï-Maï dans une interview, mettant en danger la coopération entre civils et militaires et exposant les jeunes du quartier à des arrestations arbitraires en raison de leur appartenance ethnique.
Une autre communication qui risque d'allumer le feu, c'est celle du porte-parole du Gouverneur militaire qui a affirmé que le Conseil provincial de sécurité avait constaté que les quartiers Bujovu et Majengo étaient des fiefs des Mai-Mai.
Selon certains habitants, cette communication pourrait fragiliser davantage la communauté ciblée en raison de son ethnie, alimentant les conflits qui frappent la province depuis longtemps. De plus, les services de sécurité pourraient se tromper de cibles en citant Majengo comme un nid de cellules dormantes Maï-Maï. La jeunesse du quartier rejette cette responsabilité, affirmant que les troubles proviennent d'autres entités, notamment de Buhene.
L'importance d'une enquête approfondie
Des habitants estiment que les services de sécurité devraient mener une enquête approfondie et de ne pas faire de généralisations hâtives qui stigmatisent injustement la population de Majengo. La situation actuelle exige une approche équilibrée et une meilleure compréhension des véritables auteurs des troubles qui affectent la région.
Diddy MASTAKI, Goma