La route Nyiragongo-Goma vient d’être ouverte par le contingent Kényan de l’EACRF pour permettre l’évacuation de la population civile qui étaient enfermées à hauteur de trois antennes de Kibumba pendant que les affrontements entre les patriotes et les combattants du M23 depuis 13 h de ce vendredi l6 octobre 2023.
Plus d’une centaine de motocyclistes, des triporteurs et cyclistes avec plusieurs marchandises dont les braises, des sacs de maïs et certains avec des bagages viennent de débarquer en ville de Goma après un calme précaire qui vient de s’observer sur la ligne de front.
Dans leurs témoignages, ces habitants affirment avoir été autorisés par les forces de l’EACRF déployées dans les groupements de Kibumba et Buhumba en territoire de Nyiragongo pour assurer la sécurité de la population civile dans cette zone contrôlée par la rébellion du M23.
« Nous avons entendu des crépitements des balles et des détonations d’armes lourdes et légères. Les forces de l’EAC nous ont refusé de franchir leur barrière soi-disant pour nous protéger. Nous étions pris de peur. Mais autour de 15 heures, nous avons observé un calme brusque. Les militaires Kényans sont alors venus nous demander de passer et c’est comme ça que nous atteignons Goma par la grâce divine », souligne un motocycliste.
Par ailleurs, les memes témoignages affirment que les deux belligérants se regardent en face et redoutent la poursuite des accrochages dans les heures qui vont suivre. Sans parler d’un quelconque bilan humain, ils affirment également que certaines maisons de la population locale ont été atteintes par d'obus dont ils ignorent la provenance.
« La situation est vraiment confuse là où nous venons. Les Wazalendo et le M23 se regardent en face. C’est sûr qu’un rude combat va éclater là-bas dans les heures qui vont suivre. On a entendu plusieurs bombes et une d’entre elles est tombée sur la maison de M. Byamungu, un de nos voisins », rétorque un autre.
Pour l’instant, un climat de peur a envahi les déplacés cantonnés à Kanyaruchinya le long de la route Nationale numéro deux qui se sentent à présent en insécurité suite à ces combats. Toutefois, ils restent fermes et encouragent les patriotes à poursuivre sans relâche ces combats pour que leurs milieux d’origine soient libérés une fois pour toute.
Diddy MASTAKI, Goma