Plusieurs milliers de familles des rescapés de la guerre du M23 dans le territoire de Rutshuru vivant dans des maisons de fortunes le long de la route Nationale numéro deux continuent à être victimes de l’insécurité et des tracasseries de tout genre dans leur milieu de refuge depuis la prolifération de groupes d’autodéfense locales qui se réclament être formés pour combattre les rebelles du M23.
Après les altercations entre des factions d’autodéfenses locales depuis la soirée du dimanche 22 octobre 2023 à Kanyaruchinya, dans le territoire de Nyiragongo, incident ayant conduit à des nouveaux déplacements des déplacés vers la partie Nord de la ville de Goma, ceux-ci disent vivre dans une incertitude totale en plus de trauma qu’ils ont depuis plus d’une année qu’ils mènent une vie difficile hors de leurs villages respectifs.
Ils dénoncent le comportement actuel des membres des certains mouvements de Wazalendo présents dans le territoire de Nyiragongo qui semblent devenir encore un problème de sécurité des populations civiles sans armes et moyens de défense.
Nous vivons ici parce que nous n'avons nulle part où aller. Le gouvernement semble nous avoir rejeté, le Wazalendo qu’on prétendait être une solution à notre insécurité sont devenus eux-mêmes un problème pour nous, nous sommes vraiment au bout de souffle. Nous manquons si nous sommes déjà sacrifiés par notre propre pays, si nous avons été créés pour souffrir !, s’exclame un déplacé.
Ils demandent à Kinshasa de se pencher en toute urgence à cette question et surtout pacifier leurs milieux d’origine pour leur retour. Certains d’entre eux commencent déjà à éprouver le sentiment de rentrer mourir chez eux, dans les zones encore sous contrôle des combattants du M23, plutôt que de mourir dans un endroit qu’ils estimaient être à l’abri de la violence des rebelles.
Des échanges de tirs deux fois dans moins de deux mois entre des jeunes de la maison au milieu de la population, ça nous inquiète. Et aucune réaction de la part du gouvernement central qui a permis que ces jeunes soient armés. Nous demandons que le gouvernement pense à leur encadrement, à finir la guerre chez nous ou carrément nous laisser aller mourir dans nos villages, se plaint un autre déplacé dans un entretien avec CONGORASSURE.CD.
C’est la deuxième fois dans moins de deux mois que ces groupes de Wazalendo troublent la quiétude de la population du territoire de Nyiragongo dans des altercations armées entre leurs factions actives dans cette partie de la province du Nord-Kivu en dépit de la présence de cette marmaille de la communauté des déplacés qui vit dans le coin presque à la belle étoile depuis plus d’une année.
Diddy MASTAKI, Goma