L'administrateur militaire du territoire de Beni vient suspendre momentanément l’accès à la population aux brousses se trouvant dans les encablures de la commune d’Oicha et certains autres villages environnantes se trouvant dans la zone qui connaît l’activisme des combattants islamistes de l’ADF.
Il l’a dit dans un communiqué suivi d’un message d’alerte destiné à la population Oicha, Mamove, Mayi Moya et Eringeti sur tout aux exploitants forestiers dans cette zone et aux agriculteurs.
Selon l’administrateur militaire du territoire de Beni cette décision fait suite aux opérations militaires prévues dans cette zone dans le cadre de la traque des islamistes ADF qui, après leur mise en déroute dans le secteur de Rwenzori par la coalition FARDC-UPDF se sont éparpillés dans les forêts situées dans la partie ouest de la route nationale numéro quatre (4).
Toute personne civile qui sera retrouvée dans ces brousses jusqu'au mardi 31 octobre sera pris pour un rebelle ADF. Il il y a des opérations militaires qui vont s’effectuer dans ces brousses la présence des civiles risque de créer des confusions aux militaires qui seront sur le coup », affirme le Colonel Charles Omeonga.
Des réactions divergentes de la population
À quelques heures seulement de cette communication de l’autorité territoriale de Béni, la population meurtrie depuis des décennies de cette partie de la province émettent des avis divergeant après la multiplicité d’opérations contre cette rébellion qui sème la terreur dans ce coin.
Si les un la trouvent salutaire, les autres par contre pensent à une aventure de trop du gouvernement congolais pour finir une fois pour tous les massacres des civils dans le territoire de Beni.
Pour moi elle serait une bonne décision si du moins elle nous apportait des bons résultats. Rester sans travailler pendant ce quelques jours ne nous tuera pas de faim, pourvu que ces opérations nous apportent une paix durable », estime un habitant.
Par contre, cet autre estime que la persistance de la présence des ADF dans la région de Beni doit interpeller la conscience de tout le monde. Pour lui, « cette persistance de l’activisme de l’ADF prouve en suffisance qu’il il y a des complices de ces rebelles au sein de la population et même des autorités tant bien administratives que militaires ». Pour lui seule la conscience finira cette guerre.
Par ailleurs certains autres critiquent l’approche utilisée par les services de l’ordre de la RDC, celles consistant à annoncer au grand public le lancement des opérations de ce genre. Ils pensent que, du moment où on estime que cette guerre est asymétrique, tout doit se passer dans un secret opérationnel absolu pour ne pas donner de l’avantage à l’ennemi.
Ce qui créent la tournante au sein de cette population, c'est la stratégie mise en place par les autorités une fois nombreuses personnes en provenance de ces brousses seront confondues à tout le monde dans les milieux urbains.
C’est bon de prendre cette décision. Mais nous nous demandons s’ils prirent en compte des probables infiltrations de ces combattants partis la masse qui quittera ces endroits ! » s’exclame un autre habitant.
Cette décision tombe quatre 4 jours après la mort d’au moins 26 civils dont 12 enfants tués dans une attaque des ADF à Oicha, non loin du bureau de l'administrateur du territoire de Beni.
Diddy MASTAKI, Goma