En séjour dans son fief électoral, le député national Jean-Baptiste Kasekwa a tenu une conférence-débat dans la grande salle du collège Mwanga samedi 28 octobre autour de la situation sécuritaire qui prévaut en province du Nord-Kivu depuis des longues années.
Ce cadre de Lamuka a fait part de ses préoccupations quant à la situation sécuritaire dans la région de Beni, soulignant que des attaques brutales perpétrées par les Forces Démocratiques et Alliées (ADF) avaient fait vingt-sept (27) victimes non loin du bureau de la police d'Oïcha. Il s'est interrogé sur les motivations de ces tueries et sur les avantages que les auteurs en tirent.
Dans ses déclarations, Jean-Baptiste Kasekwa a également dénoncé la poursuite des violences dans les territoires de Rutshuru et Masisi, ainsi que le projet de balkanisation du pays. Selon lui, si la population ne prend pas conscience de cette situation et n'agit pas rapidement, il sera trop tard. Il a accusé le gouvernement Congolais d'être complice de la souffrance du peuple en fermant la route reliant Goma à Rutshuru, tout en prétendant respecter le cessez-le-feu.
L'élu de Goma a également pointé du doigt le groupe rebelle M23, affirmant qu'il ne se soucie pas du cessez-le-feu et qu'il contribue à la souffrance des populations. Il a dénoncé la chaîne des responsabilités dans les difficultés rencontrées par les usagers de l'axe Masisi, accusant le M23 et les autorités de la ville de Goma d'être responsables de leur situation précaire.
Ce député a également soulevé la question de l'approvisionnement alimentaire à Goma, affirmant que la farine, les pommes de terre et le maïs étaient importés de pays étrangers, ce qui entraînait une augmentation des prix et une souffrance accrue pour la population. Il a remis en question la connaissance du gouvernement sur les souffrances endurées par les habitants de Goma, tout en soulignant les défis auxquels sont confrontées les populations vivant dans les zones sous contrôle du M23.
Muhindo Kasekwa a également évoqué les violations des droits de l'homme subies par la population de Kitshanga pour avoir célébré l'occupation de leur cité par les Wazalendo, avant d'être chassés par le M23. Il a déploré l'absence d'un gouvernement dans les régions de Beni, Rutshuru, Masisi, Nyiragongo et ailleurs.
En colère, le député Kasekwa a critiqué les autorités pour leur multiplication de taxes au lieu de poursuivre les ennemis. Il a également dénoncé le déploiement excessif des policiers dans certains quartiers, au détriment de la sécurité de la population. Il a annoncé son intention d'interpeller le commissaire de police et le ministre de l'Intérieur pour demander des comptes.
Toutefois, Kasekwa a plaidé en faveur de la solidarité entre les habitants de Goma et ceux des territoires de Rutshuru, Masisi et Rutshuru, soulignant que la population de Goma bénéficie de la résistance de ces derniers. Il a également appelé les habitants du Sud-Kivu à ne pas rester silencieux, car leur situation est également affectée par les événements dans les territoires voisins.
Il a rappelé que "la résistance des populations de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo bénéficie également à la population de Kinshasa". Cependant, il a
regretté que "certains souffrent tandis que d'autres célèbrent et minimisent la gravité de la situation". Il a rappelé l'exemple de Laurent Nkunda et de la rapidité avec laquelle les Congolais oublient leurs problèmes.
La complicité des dirigeants dans la balkanisation du pays et la souffrance du peuple Congolais, a été dénoncée par Kasekwa.
Cependant, Il a exhorté chacun à se demander ce qu'il peut faire pour préserver l'esprit de résistance et libérer les localités sous contrôle du M23. Il a également appelé à éviter le tribalisme, car l'ennemi en profite. Il a souligné la nécessité d'un dialogue franc pour l'unité et a encouragé les pasteurs et autres leaders religieux à éduquer la population sur la situation du pays.
Enfin, devant plus de cinq cents (500) personnes venues lors de cette conférence-débat, Jean-Baptiste Kasekwa a appelé les Congolais, en particulier ceux du Sud-Kivu et de Kinshasa, ainsi que les étudiants et les pasteurs, à étudier les actions de pression qui ont été menées en 2012 lorsque Goma était tombée aux mains du M23. Il a souligné l'importance de la solidarité et de la mobilisation pour éviter une catastrophe nationale.
Gloiredo Ngise, Goma