Face aux préoccupations grandissantes en matière de sécurité, le Maire de Goma, le Commissaire Supérieur Principal Faustin Kapend Kamand, a rappelé mercredi 11 septembre l’importance pour les cambistes, les opérateurs de mobile banking et les taximen-moto à respecter les restrictions horaires imposées depuis janvier 2024.
Les cambistes et les opérateurs de mobile banking dans le viseur des autorités
Les cambistes et tous les opérateurs dans le secteur financier, acteurs clés de l’économie informelle de Goma, sont particulièrement concernés par ces mesures. En effet, ils ne sont plus autorisés à effectuer des transactions sur la voie publique après 17 heures. Cette restriction, mise en place pour protéger les commerçants et la population contre les risques d’agressions et de vols, s’inscrit dans une série d’initiatives visant à renforcer la sécurité en ville.
Cependant, pour de nombreux cambistes, cette limitation représente un véritable défi économique.
« Nous comprenons l’importance de la sécurité, mais pour nous, la soirée est souvent le moment où nous avons le plus de clients et nous effectuons plus de transactions », confie un agent de mobile banking du centre de Majengo. Malgré ces préoccupations, la mairie se montre ferme, soulignant que toute infraction sera sanctionnée selon la loi.
Les motards également concernés
Du côté des motards, surnommés « taximen-moto », la situation est tout aussi délicate. L'interdiction de circuler après 18 heures a suscité de vives réactions au sein de cette communauté, souvent composée de jeunes hommes dépendant de cette activité pour subvenir à leurs besoins.
« Après 18 heures, il y a encore des gens qui ont besoin de se déplacer. C’est à ce moment-là que nous gagnons notre pain », déplore un conducteur de moto avec un sentiment de chagrin après plus d'un semestre d'indignation dans cette situation.
Toutefois, les autorités insistent sur la nécessité de respecter cette mesure pour prévenir des incidents et des attaques nocturnes, souvent perpétrées à l’aide de motos.
« Quiconque enfreint cette règle s'exposera à des sanctions », a rappelé le Maire dans un communiqué de ce même mercredi 11 septembre, ajoutant que la sécurité de la population prime sur toute autre considération.
Les services d’ordre et de sécurité de la ville ont été appelés à renforcer les contrôles pour s’assurer du respect strict de ces mesures. Des patrouilles seront intensifiées dans les zones à risque afin de dissuader toute violation des horaires imposés.
En dépit des difficultés économiques qu’elles peuvent engendrer, ces mesures visent avant tout à sécuriser la ville de Goma, une région où les tensions sécuritaires demeurent un défi constant. Les autorités locales espèrent que la collaboration des cambistes et des motards permettra de réduire les incidents liés à l'insécurité nocturne.
Diddy MASTAKI