Le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a signé cette semaine, des nouvelles ordonnances portant sur une nouvelle mise en place au sein des forces armées de la RDC afin de renforcer l'armée congolaise face à la guerre d'agression menée par le Rwanda. Cette mise en place s'inscrit dans une volonté claire de protéger la souveraineté du pays et de garantir la sécurité de ses citoyens.
Dans cette réorganisation au sein de l'armée, le lieutenant-général Pacifique Masunzu a été nommé commandant de la troisième zone de défense qui comprend le Maniema, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Bas–Uélé, Tshopo, Haut-Uélé et Ituri afin de renforcer les capacités opérationnelles des FARDC dans cette zone.
Le lieutenant-général Pacifique Masunzu n’est pas un inconnu dans la région du Kivu. Originaire de cette zone, il en connaît la géographie, les dynamiques communautaires et les mécanismes des groupes armés qui y opèrent. Son parcours de chef militaire et de stratège, marqué par sa défection du contrôle rwandais en 2002 et la création du Front de Résistance Patriotique (FRF), en fait un acteur-clé de la région. Cette expérience pourrait s’avérer cruciale pour coordonner les opérations militaires contre les rébellions locales et le M23.
La nomination d’un lieutenant-général d’origine tutsi envoie un signal fort. Depuis plusieurs années, le M23, appuyé par Kigali, justifie sa lutte par une prétendue marginalisation des Tutsi en RDC. En confiant un rôle aussi stratégique à un militaire tutsi, Tshisekedi s’oppose à ce narratif. Cette nomination renforce l’image d’un pouvoir inclusif et démontre que l’armée congolaise (FARDC) ne discrimine pas ses officiers en fonction de leur origine ethnique.
Cette nomination pourrait-il être interprétée comme une application du principe "diviser pour mieux régner" ?, En tout cas, selon plusieurs analystes, le M23 composé en majorité de Tutsis, se retrouve confronté à un haut gradé tutsi au sein des FARDC. Cette situation pourrait semer la confusion et créer des dissensions au sein de la rébellion et de la communauté tutsi congolaise. Cette décision pourrait également fragiliser les allégeances au sein de la communauté banyamulenge, dont le soutien au M23 n’est pas monolithique.
D'après plusieurs analystes indépendants, le lieutenant-général Masunzu se trouve dans une position où l’échec n’est pas permis. Sa connaissance du terrain et son passé de stratège font de lui un profil idéal pour combattre le M23. Cependant, disent-ils, cette même expérience le place sous une pression considérable. Toute contre-performance dans ses missions pourrait être interprétée comme un manquement à ses obligations militaires, voire comme un acte de trahison.
Dans le contexte actuel, les replis stratégiques et la perte de territoires face à l’ennemi sont assimilés à des actes de trahison, passibles de la peine de mort au sein de l’armée congolaise. Étant d’origine tutsi, le lieutenant-général Masunzu pourrait être plus exposé à de telles accusations, dit une source de la société civile.
Pour le lieutenant-général Masunzu, l’enjeu est colossal. Sa propre carrière est en jeu, mais également sa réputation au sein de la communauté banyamulenge et des FARDC. La défaite de ses troupes pourrait être exploitée par ses détracteurs pour remettre en cause sa fidélité à l’État congolais.
Un analyste sur la situation de la sécurité régionale a expliqué que pacifique Masunzu, bien que lieutenant-général aujourd'hui au sein des FARDC, est aussi un ancien rebelle. Son passé au sein du FRF et ses alliances d’autrefois pourraient être réactivés par ses adversaires au sein de l’armée. D’autres officiers des FARDC pourraient le voir comme un "parachuté " au sommet, ce qui pourrait créer des frictions internes, dit cet analyste.
Les nominations d'autres officiers supérieurs tels que Martin Malubuni, Chicco Tshitambwe, Clément Bulume, Christian Ndaywel et Eric Maloba à des postes clés au sein de l'armée démontrent la volonté du Président Tshisekedi de mettre en place une équipe solide et compétente pour faire face à toutes les menaces potentielles.
Certains leaders communautaires du Nord-Kivu ont indiqué que la nomination du lieutenant-général Pacifique Masunzu comme commandant de la troisième zone de défense illustre l'engagement du Président Tshisekedi à promouvoir la diversité et l'inclusion au sein de l'armée congolaise. Malgré les attaques basées sur son appartenance ethnique, Masunzu est reconnu comme un vrai patriote qui met la sécurité de son pays avant tout.
Dans l'ensemble, ces changements au sein de l'armée congolaise témoignent de la détermination du Président Félix Tshisekedi à renforcer les capacités de défense du pays et à assurer la protection de ses citoyens. Le Congo peut compter sur une armée mieux préparée et plus efficace pour faire face aux défis sécuritaires actuels et protéger sa souveraineté.
Daudi Amin