Lors d’un point de presse tenu jeudi 09 janvier à Kinshasa, la ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, Thérèse Kayikwamba, a exprimé de vives inquiétudes face à la recrudescence des violences dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, et aux violations continues du cessez-le-feu. Elle a également dénoncé le retrait du Rwanda du processus de paix de Luanda et son recours à la force armée, qu’elle considère comme des obstacles majeurs à une paix durable dans la région des Grands-Lacs.
L’Angola rompt le silence
Thérèse Kayikwamba a salué la prise de position récente de l’Angola, facilitateur du processus de Luanda, qui s’est pour la première fois exprimé sur la situation sécuritaire à l’est de la RDC.
« Cela symbolise une préoccupation grandissante par rapport à la posture du Rwanda, qui, en se retirant du processus de Luanda, a démontré qu’il n’était pas intéressé par une paix durable », a déclaré la ministre.
Le rôle des partenaires internationaux, notamment le Royaume-Uni et l’Angola, est jugé crucial dans cette crise. Leur implication pourrait contribuer à renforcer la pression diplomatique sur le Rwanda, qui, selon Thérèse Kayikwamba, continue de violer les engagements internationaux en tant que membre des Nations-Unies.
Un appel à des sanctions internationales
La ministre Congolaise a également insisté sur la nécessité d’imposer des sanctions au Rwanda pour ses agissements dans la région. « Pourquoi n’y a-t-il pas de sanctions ? Nous nous posons cette question, et nous n’allons pas cesser de la poser », a-t-elle affirmé, tout en rappelant que les relations entre États sont régies par le droit international.
« Nous avons tous adhéré à une série de conventions. Nous sommes tous membres des Nations Unies. Ainsi, notre plaidoyer et le travail que nous menons et que nous continuerons à mener visent à montrer à quel point il existe une divergence entre le comportement du Rwanda et ses engagements internationaux », a-t-elle poursuivi.
La souveraineté de la RDC en jeu
En conclusion, Thérèse Kayikwamba a réaffirmé la détermination de la RDC à défendre son intégrité territoriale face aux violations récurrentes attribuées au Rwanda. « Le Rwanda n’a pas le droit de violer notre intégrité territoriale », a-t-elle martelé, appelant la communauté internationale à agir pour mettre fin à l’agression et aux souffrances des populations Congolaises.
Cet appel s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes dans la région des Grands-Lacs, où les efforts diplomatiques peinent à apporter une solution durable à la crise.
Diddy MASTAKI