La société civile de Nyiragongo, au Nord-Kivu, accuse le Rwanda d’avoir lancé des bombes visant les camps de déplacés situés dans le groupement Kibati, une zone proche de la ville de Goma, dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Selon Mambo Kawaya, président de la société civile de Nyiragongo, ces attaques ont été menées dimanche 12 janvier 2025, après des frappes simultanées sur les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les Volontaires de Défense du Peuple (VDP).
Mambo Kawaya a précisé que cinq (05) bombes ont été larguées du côté Rwandais, visant spécifiquement le groupement Kibati, où vivent de nombreux déplacés du conflit.
« Les attaques simultanées menées hier dimanche par le Rwanda contre les Forces gouvernementales ont visé le contrôle des collines stratégiques situées dans le Parc. Heureusement, les FARDC et les VDP ont réagi sans complaisance. Mais voyant que son rêve de contrôler la région ne se réalisera pas, l'ennemi a eu recours à son vieux système, qui consiste à cibler les camps de déplacés et les habitations à travers des bombardements, dans le but de semer la panique parmi la population », a déclaré Mambo Kawaya.
La société civile de Nyiragongo estime que cette tactique de bombardement a pour objectif de déstabiliser les populations locales et de semer la terreur, afin de faciliter les avancées militaires du Rwanda et de ses alliés rebelles du M23. Selon les autorités locales, les bombes sont tombées sur le groupement Kibati vers 17h 40, un acte qui rappelle les bombardements similaires observés en 2013 lorsque les FARDC avançaient vers Kibumba.
« Nous avons enregistré cinq bombes au total, et les dernières ont été larguées à 17h40. Celles-ci proviennent clairement du territoire Rwandais, comme cela avait déjà été le cas lors des conflits précédents », a ajouté Mambo Kawaya.
La dénonciation des attaques a été réitérée par des combattants Wazalendo engagés sur le front en territoire de Nyiragongo. Moïse Kabunga, un de ces combattants, a confirmé que des bombes ont été larguées depuis l'Est de leurs positions, une zone qu’il attribue au Rwanda en raison du soutien manifeste de ce dernier aux rebelles du M23.
« Des bombes provenant de l'Est de ma position ont été larguées. Elles viennent de là où elles ne devraient pas venir. Elles viennent du Rwanda, et nous comprenons bien pourquoi, car ils soutiennent leurs fils », a expliqué Moïse Kabunga.
Des affrontements sur plusieurs fronts
Le dimanche 12 janvier a également été marqué par une série d'attaques rebelles du M23, soutenues par le Rwanda, contre la ville de Goma. Ces offensives ont été déjouées par l’armée Congolaise, selon des sources militaires.
Les tensions dans la région du Grand Nord de la RDC sont à leur comble, les attaques répétées du M23, soutenues par le Rwanda, aggravant la situation humanitaire déjà précaire. Les autorités Congolaises dénoncent ces actes d’agression et appellent la communauté internationale à prendre des mesures pour mettre fin à l’ingérence rwandaise et protéger les civils innocents.
Diddy MASTAKI