Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a annoncé, dans un communiqué officiel, la fin des enquêtes pré-juridictionnelles sur les actes de vandalisme qui ont touché le mausolée de Patrice Emery Lumumba, situé à l’échangeur de Limete, à Kinshasa, dans la nuit du 18 au 19 novembre 2024. Cet événement a suscité une grande inquiétude, notamment concernant la sécurité de la relique précieuse qui y est abritée.
Le mausolée de Lumumba, martyr de l’indépendance, renferme en effet la dent de l’ancien Premier Ministre, une relique rendue par la Belgique en 2022. Cette dent, après avoir été restaurée sous haute surveillance dans ce mausolée en béton, symbolise la mémoire de l’un des plus grands leaders de la République Démocratique du Congo. L’attaque survenue en novembre a ravivé les craintes qu’elle ait été volée. Bien que le Ministère de la Culture ait confirmé la dégradation du site, il n’a pas précisé si la relique avait été dérobée.
Face à cette situation préoccupante, le Gouvernement a pris des mesures urgentes pour sécuriser le mausolée et assurer sa préservation. Des efforts ont été entrepris pour l’embellissement de ce lieu de mémoire, afin de garantir sa protection et d'éviter tout futur incident. Le Gouvernement a également assuré que ces événements ne perturberont pas la commémoration du 64ème anniversaire de l’assassinat de Patrice Lumumba, prévu dans les jours à venir. Cette cérémonie de commémoration, selon les autorités, se déroulera sans obstacle majeur, dans le respect de la mémoire du héros national.
L’annonce de la clôture des enquêtes est perçue comme un soulagement pour les Congolais, qui redoutaient que la dent de Lumumba, seule relique tangible du martyr, ait été volée lors de l’incident. Ce vandalisme n’a pas seulement touché un bâtiment, mais un symbole essentiel de la lutte pour la liberté et l’indépendance du Congo, un symbole du combat de Lumumba contre le colonialisme. L’attaque survenue dans la capitale est ainsi d’autant plus choquante qu’elle fait remonter à la surface les blessures profondes liées à l’assassinat de Patrice Lumumba, survenu en 1961.
Lumumba, assassiné à 35 ans, après avoir été renversé dès le mois de septembre 1960, incarne l’une des pages les plus sombres de l’histoire du Congo. Son corps, dissous dans de l’acide, n’avait jamais été retrouvé. Ce n’est que des décennies plus tard qu’il a été révélé que des restes humains avaient été conservés en Belgique, et notamment une dent, dont la possession a été confirmée par un policier Belge ayant participé à sa disparition. En 2016, cette relique a été saisie par la justice Belge avant d’être restituée officiellement au Congo en 2022 lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre belge, Alexander De Croo. Ce geste marquait l’acceptation de la « responsabilité morale » du gouvernement Belge dans la disparition du leader Congolais.
À l’approche de la commémoration de l’assassinat de Lumumba, le Gouvernement a invité la population Congolaise à rendre hommage à ce grand héros en observant une pensée pieuse et respectueuse envers son héritage. Ce 64ème anniversaire sera l’occasion de rendre hommage à son combat pour l’indépendance, sa lutte contre le racisme et son désir d’un Congo libre et souverain. Un moment privilégié de réflexion et de reconnaissance, mais aussi un moment symbolique fort pour la réconciliation nationale et la préservation de la mémoire collective du peuple Congolais.
Diddy MASTAKI