Dans un communiqué officiel, le Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT) a condamné l’intention présumée de la junte militaire Tchadienne d’envoyer des troupes en République Démocratique du Congo (RDC). L’organisation politique et militaire Tchadienne y voit une répétition des événements de 1998, lorsque l’ancien Président Idriss Déby avait déployé des soldats Tchadiens en RDC. Aujourd’hui, son fils, Mahamat Idriss Déby, semble vouloir suivre la même voie, à un moment où des appels au dialogue avec le M23 se multiplient.
Une intervention militaire plutôt qu’une solution pacifique ?
Dans son communiqué, signé par Ahmat Brahim, Secrétaire Général Fédéral du Bureau FACT-Europe, le mouvement accuse la junte Tchadienne d’adopter une « attitude belliqueuse », contribuant à l’aggravation de la crise sécuritaire dans la région des Grands Lacs.
Plutôt que d’œuvrer pour l’apaisement et la recherche de solutions pacifiques afin de soulager la population et consolider la paix, la junte Tchadienne envenime encore plus la situation.
Le FACT souligne une similitude entre l’implication Tchadienne en RDC et son rôle dans le conflit au Soudan voisin, où N'Djamena est accusée d’influencer les affrontements en cours.
Le FACT affirme que le régime Tchadien, militarisé depuis plus de trois décennies, s’appuie sur la déstabilisation régionale pour assurer sa survie politique. L’organisation exprime ainsi son opposition ferme à toute nouvelle intervention Tchadienne en RDC, estimant qu’elle ne ferait qu’aggraver les souffrances des populations locales.
« Nous condamnons fermement cette décision qui n’offre que ruines et désolation aux populations de la région des Grands Lacs », indique ce communiqué.
Tout en dénonçant cette approche, le FACT réaffirme son soutien aux initiatives de l’Union Africaine et des organisations sous-régionales visant à trouver une solution pacifique aux conflits qui déchirent la RDC et ses voisins.
Alors que la situation sécuritaire en RDC reste critique, notamment avec la progression du M23 et l’implication de plusieurs acteurs régionaux, cette déclaration du FACT relance le débat sur le rôle des puissances étrangères dans la gestion des crises africaines.
Diddy KAMBALE MASTAKI