Goma, zone occupée par la rébellion M23, a poursuivi sa journee, jeudi 13 février, avec une nouvelle qui glace le sang : Idengo est mort, abattu d’une balle dans la tête. Delphin Katembo Vinywasi, alias Idengo, n'était pas qu'un simple chanteur. Il était une voix, un cri, une révolte. Ses chansons n’étaient pas de simples mélodies, mais des flèches verbales décochées contre l’injustice, la mauvaise gouvernance et l’occupation étrangère.
Son combat était celui d’un homme debout, d’un artiste engagé, d’un révolutionnaire des temps modernes. Mais dans un pays où la vérité dérange, l’engagement peut coûter la vie.
Un homme traqué pour ses paroles
Incarcéré à Munzenze en 2021 pour ses textes accusés d’outrage au chef de l’État, démoralisation de l’armée et d’incitation à la révolte, Idengo avait écopé de 10 ans de prison. Mais même derrière les barreaux, son esprit ne s'était pas brisé. Sa voix résonnait encore, ses paroles circulaient, ses idées inspiraient.
Libéré conditionnellement en décembre 2023 après une vague de contestation populaire, il aurait pu fuir, se taire, s’exiler. Mais non. Il est resté, fidèle à son engagement, refusant le silence imposé par la peur.
Beni, Boikene, Munzenze..., Idengo était devenu un prisonnier perpétuel du système qu’il dénonçait. À chaque sortie, il était rattrapé, enfermé, muselé. Mais il avait un ennemi plus grand encore : ceux qui voulaient le faire taire à jamais.
Un assassinat qui soulève des questions
Aujourd’hui, il ne chantera plus. Son micro est tombé. Son stylo s’est arrêté. Une balle dans la tête, comme un message glaçant à tous ceux qui osent encore parler, dénoncer, résister.
Qui l’a tué ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi ainsi ? Son sang s’ajoute à celui de tant d’autres voix réduites au silence. Et pendant que certains cherchent à comprendre, d’autres savent déjà : il a été tué parce qu’il gênait.
Un héritage qui ne s’éteindra pas
Mais peut-on tuer une idée ? Peut-on assassiner une révolution ? Peut-on réduire au silence un peuple qui, chaque jour, endure, résiste, espère ?
Idengo est mort, mais son combat n’est pas fini. Ses paroles survivront dans les ruelles de Goma, dans les esprits des jeunes qui rêvent d’un Congo libre, dans les cœurs de ceux qui refusent la soumission.
Repose en paix, Idengo. Ta voix ne s’éteindra jamais.
La Rédaction