Depuis l’assassinat de l’artiste engagé Delcat Idengo dans l’après-midi du jeudi 13 février 2025 à Goma, de nombreuses spéculations circulent sur les circonstances exactes de sa mort. Sur les réseaux sociaux comme dans les rues du chef-lieu du Nord-Kivu, plusieurs versions contradictoires alimentent la confusion.
Certains affirment que Delphin Katembo Vinywasiki, de son vrai nom, a été abattu en plein tournage du clip de son dernier morceau « Bunduki za Kwetu », alors qu’il portait une tenue des Forces armées de la RDC (FARDC). Cette apparence aurait, selon eux, conduit à son exécution, le faisant passer pour un combattant Muzalendo dans une zone contrôlée par la rébellion du M23.
D’autres, au contraire, soutiennent que l’artiste n’a pas été tué sur place, mais ailleurs, avant que son corps ne soit déposé à Kilijiwe, dans le quartier Majengo, non loin de son domicile.
Des informations erronées : ce que disent ses proches
Ces affirmations sont inexactes. Selon les témoignages de ses proches, Delcat Idengo était bien en préparation du tournage du clip de sa nouvelle chanson, enregistrée quelques jours après son évasion de la prison de Munzenze, où il avait été incarcéré fin 2024. Cependant, au moment de son assassinat, il ne tournait pas de clip.
« Delcat rentrait chez lui lorsqu’il a été attaqué par des inconnus. Ils l’ont torturé près du domicile de sa sœur avant de l’exécuter d’une balle dans la tête », a confié un proche sous couvert d’anonymat.
Ce récit concorde avec celui de sa sœur, qui affirme que le lieu de sa mort est bien celui où son corps a été retrouvé. Concernant la tenue militaire évoquée par certaines rumeurs, elle dément catégoriquement que l’artiste la portait au moment de son assassinat.
« Non ! Idengo ne portait pas d’uniforme. On lui a mis cette tenue après l’avoir tué pour maquiller les raisons de son assassinat. Il était en culotte blanche lorsqu’il a été pourchassé et abattu », explique-t-elle avec émotion.
Un crime entouré de mystère
À ce stade, l’identité des auteurs du crime demeure inconnue. Le climat de peur et d’incertitude qui règne à Goma depuis l’entrée du M23 dans la ville complique toute tentative d’enquête.
Le corps de Delcat Idengo a été transporté à la morgue de la clinique ICNDK, dans le territoire de Nyiragongo, sous les regards endeuillés de ses nombreux admirateurs. Pour eux, ce n’est pas seulement un artiste qu’ils ont perdu, mais un symbole de résistance, un fils du Congo dont la voix portait l’espoir d’un peuple.
La Rédaction