Après l’expiration de son ultimatum de 24 heures, le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Ougandais Yoweri Kaguta Museveni et chef de l’armée Ougandaise, a réaffirmé dimanche son intention d’attaquer Bunia, chef-lieu de l’Ituri. Une annonce qui alimente les craintes d’une nouvelle escalade militaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Des menaces récurrentes
En janvier 2025, Muhoozi avait déjà promis d’attaquer Goma sous prétexte d’y chasser les « mercenaires blancs » qu’il accusait de combattre aux côtés des forces armées congolaises (FARDC). Ses déclarations avaient suscité une vive polémique, mais les mercenaires supposés ont fini par quitter la ville. Aujourd’hui, il semble avoir jeté son dévolu sur Bunia, ravivant les tensions régionales.
Un schéma similaire à la chute de Bunagana ?
Muhoozi n’en est pas à sa première menace du genre. En 2022, ses déclarations sur Bunagana avaient précédé la prise de cette ville frontalière par les rebelles du M23, renforçant les soupçons sur une possible complicité entre Kampala et la rébellion soutenue par Kigali. Désormais, son attention se porte sur Bunia, une ville clé de l’Ituri, province déjà en proie à l’insécurité grandissante avec la présence des groupes armés, dont les ADF.
L’Ouganda en RDC : entre coopération et double jeu
Officiellement, l’Ouganda opère dans l’Est de la RDC à travers les opérations Shujaa, une mission conjointe avec les FARDC visant à neutraliser les rebelles Ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF). Cependant, les déclarations de Muhoozi jettent un doute sur la sincérité de cette coopération militaire, d’autant plus que ses prises de position semblent s’aligner davantage avec les intérêts de Kigali qu’avec ceux de Kinshasa.
Dans l’un de ses récents tweets, le général Ougandais a déclaré : « Tout celui qui osera attaquer mon oncle me verra sur sa route », en référence au président Rwandais Paul Kagame. Cette déclaration, perçue comme un soutien tacite au Rwanda dans son conflit avec la RDC, met à mal les relations diplomatiques entre Kinshasa et Kampala, déjà fragilisées par les tensions régionales.
Une situation explosive
Alors que la RDC fait face à la progression du M23 et aux exactions de plusieurs groupes armés, les sorties médiatiques de Muhoozi Kainerugaba ne font qu’attiser le feu. Si ses menaces sur Bunia se concrétisent, le conflit dans l’Est de la RDC pourrait prendre une tournure encore plus complexe, avec une possible redéfinition des alliances et une nouvelle détérioration des relations entre Kinshasa et Kampala.
Les autorités Congolaises, quant à elles, restent prudentes, mais surveillent de près l’évolution de la situation, conscientes du risque d’une implication plus ouverte de l’Ouganda dans le conflit en cours.
Diddy MASTAKI