Après plusieurs mois passés dans des camps de déplacés, des nombreuses familles ont regagné leurs villages dans le territoire de Masisi. Mais au lieu de retrouver la stabilité, elles font face à une crise humanitaire sans précédent. Des maisons incendiées, des champs inaccessibles et une insécurité persistante rendent leur quotidien encore plus difficile.
À Sake, localité durement touchée par les affrontements, plusieurs habitations ont été réduites en cendre par des inconnus. Télésphore Mitondeke, leader communautaire dans la région, décrit une situation alarmante :
« Ces citoyens rentrent chez eux et ne retrouvent rien. Ils vivaient de l’agriculture, mais sans semences ni accès à leurs champs, ils sont dans l’impossibilité de cultiver. Après avoir vécu dans la misère en déplacement, leur retour ne signifie pas la fin du calvaire. La catastrophe continue ».
Dans d’autres localités comme Shasha, Bweremana, Karuba et Ngungu, les habitants se retrouvent piégés entre la peur et le manque de moyens. L’insécurité empêche non seulement l’exploitation des terres agricoles, mais aussi la reprise des activités économiques.
Les écoles, déjà fragilisées par la guerre, peinent à rouvrir. Les familles, sans ressources, n’arrivent pas à scolariser leurs enfants, aggravant ainsi un avenir déjà incertain pour les jeunes générations.
Le retour des déplacés a été précipité par la prise de Goma par le M23, qui a entraîné la fermeture progressive des camps de réfugiés en ville. Mais sans assistance humanitaire et sans efforts concrets pour sécuriser leurs villages, ces populations risquent de plonger dans une nouvelle crise.
Les autorités et les organisations humanitaires sont appelées à agir rapidement pour éviter une catastrophe humanitaire et permettre à ces familles de reconstruire leur vie dans la dignité.
Diddy MASTAKI