Dans un communiqué officiel publié dimanche 23 février, le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) a dénoncé les graves violations des droits humains perpétrées dans les zones occupées par l'armée Rwandaise et ses alliés du M23/AFC.
Selon le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Shabani Lukoo Jacquemin, ces exactions incluent des exécutions sommaires, des viols, des séquestrations, ainsi que des recrutements forcés de jeunes, y compris des enfants de moins de 18 ans. Des militaires et policiers qui se sont rendus ont également été enrôlés de force par les forces d’occupation.
Le gouvernement Congolais qualifie ces actes de violations flagrantes du droit international humanitaire, en se référant à plusieurs instruments juridiques internationaux ratifiés par la RDC, notamment :
La Convention de la Haye de 1907 sur les lois et coutumes de la guerre ; la troisième Convention de Genève de 1949 relative au traitement des prisonniers de guerre ; le Protocole additionnel aux Conventions de Genève de 1949, qui protège les victimes des conflits armés internationaux ; le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale, qui définit les crimes de guerre et crimes contre l’humanité ainsi que la Convention de Kampala de l’Union Africaine, qui garantit le droit des personnes déplacées à retourner chez elles en toute sécurité.
Outre les violences contre les civils, le gouvernement Congolais accuse également le Rwanda et le M23 d’avoir mis en place une administration parallèle dans les territoires sous leur contrôle, en installant illégalement leurs propres responsables locaux. Une démarche qui contrevient à la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, laquelle condamne l’occupation de ces zones.
Par ailleurs, les forces Rwandaises poursuivent le pillage des biens de l’État, des ressources naturelles et des propriétés privées, avant de les transférer vers le Rwanda.
Le gouvernement de la RDC affirme continuer à documenter l’ensemble des crimes et violations afin de saisir, le moment venu, les instances internationales compétentes. Kinshasa réitère ainsi son engagement à faire reconnaître ces exactions comme des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, en vue d’obtenir justice pour les victimes et de sanctionner les auteurs.
Cette dénonciation officielle intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la RDC et le Rwanda, alors que les combats se poursuivent dans l’Est du pays. Le gouvernement Congolais exhorte la communauté internationale à agir pour mettre fin aux violations en cours et rétablir la souveraineté nationale sur les territoires occupés.
Diddy MASTAKI