Grâce aux mécanismes d’alerte précoce mis en place par la MONUSCO, de nombreux civils, en majorité des déplacés de guerre, ont parfois la vie sauve dans le territoire de Djugu. Dans les sites de déplacés, un coup de fil (gratuit) suffit pour alerter la MONUSCO ou les FARDC d’une attaque imminente ou en cours, permettant l'envoi immédiat d’une équipe d’intervention.
Dans le territoire de Djugu, la MONUSCO assure la protection de centaines de milliers de personnes dans des sites tels que Drodro et Roe. Face aux attaques récurrentes de miliciens, les Casques bleus de la MONUSCO ont intensifié leurs patrouilles sur l'axe routier Ngazba-Largu et renforcé leur présence autour de l'hôpital de Drodro et de l'Église catholique, refuges pour de nombreux déplacés, rapporte Jean Tobi Okala, chef de section Information publique de la MONUSCO.
« Nous vivons encore dans la peur. La MONUSCO nous a fourni un numéro d'alerte, afin que nous puissions les contacter dès qu'un problème survient », témoigne Birungu, habitant de Djaiba.
En Ituri, où la spirale de violence continue, de nombreuses vies sont sauvées grâce aux casques bleus de la MONUSCO et aux FARDC, insiste Jean-Tobie Okala de la MONUSCO Bunia.
Depuis deux semaines, les miliciens de la CODECO (Coopérative pour le Développement du Congo), ont intensifié leurs attaques dans le groupement de Djaiba, territoire de Djugu, Ituri. Plusieurs dizaines de morts ont été enregistrés depuis le 07 février 2025.
Entre attaques des sites des déplacés internes par les uns et ripostes par les autres groupes armés, la situation sécuritaire se détériore à nouveau dans le territoire de Djugu en raison de cette escalade de violence.
« Ici, c’est l’assurance de rester en vie », déclare l’un des nombreux déplacés qui passe ses nuits devant la base de la MONUSCO à Djaiba, rassuré par la présence des casques bleus qui, sept jours sur sept, 24 heures sur 24, effectuent des patrouilles de sécurisation aux alentours des camps de déplacés. Ces patrouilles dissuadent les assaillants d’attaquer les déplacés, y compris jusque dans l’enceinte des camps.
Un convoi des FARDC, déployé pour contenir les menaces des miliciens, a essuyé des tirs dimanche dernier vers le village de Masumbuko. Selon des sources locales, un militaire est mort et deux autres ont été blessés.
Des échanges de tirs ont également été signalés le même jour entre miliciens de la CODECO et de Zaïre vers Largu. Des dizaines de maisons ont été incendiées à Ngazba et Masumbuko par les belligérants, ajoutent des sources locales. On signale aussi des scènes de pillage de boutiques par des miliciens à Largu. Conséquences : nombreux habitants de la zone ont trouvé refuge dans les sites de déplacés de Rhoe et de Djangi, sous la responsabilité des casques bleus de la MONUSCO.
« Il y a eu une attaque des miliciens de la CODECO. Ils sont arrivés vers 23 heures, alors que la population était en plein sommeil. Ils ont tiré des balles et les personnes qui sortaient pour fuir ont été prises pour cible. Nous avons alerté la MONUSCO ainsi que les FARDC à propos de cette attaque. Dès l'arrivée de la MONUSCO et des FARDC, les miliciens ont pris fuite. En d'autres termes, sans la présence de la MONUSCO et des FARDC, nous aurions tous péri. Cette attaque a entraîné un déplacement massif des populations de Djaiba vers Bule. Malgré tout, nous avons toujours confiance en la MONUSCO et les FARDC, car ce sont eux qui protègent nos vies et nos biens », raconte Robert Ndjalonga.
Dans le territoire de Djugu, comme partout ailleurs en Ituri, les populations aspirent au retour de la paix et à la démobilisation des miliciens qui ont plongé la province dans l’insécurité depuis 2017.
Joël Heri Budjo