La situation sécuritaire dans la province du Nord-Kivu, dans l'Est de la République démocratique du Congo, s'est gravement détériorée en novembre, faisant plus d'une centaine de victimes civiles et entraînant le déplacement de plus de 52 000 personnes, a alerté vendredi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).
Dans son dernier rapport, l'agence onusienne dresse un bilan alarmant, principalement lié aux attaques de groupes armés et aux combats persistants. Le territoire de Lubero a été le plus durement touché par des exactions attribuées notamment aux Forces démocratiques alliées (ADF).
89 civils ont été tués au cours d'attaques armées dans le seul territoire de Lubero durant le mois de novembre.Concomitamment, au moins 12 autres personnes ont péri ou ont été blessées dans le territoire voisin de Rutshuru.
Ces violences s'ajoutent à la poursuite des affrontements entre groupes armés dans les territoires de Masisi et Walikale. L'insécurité persistante a provoqué de nouveaux mouvements massifs de population. Plus de 40 000 personnes déplacées ont été enregistrées pour la seule période allant du 21 au 30 novembre dans le territoire de Masisi.
Le chiffre total des déplacés enregistrés au Nord-Kivu en novembre dépasse les 52 000 personnes. OCHA souligne également que la recrudescence des violences met en péril l'accès humanitaire vital pour les populations.
La multiplication des braquages de véhicules privés sur l'axe Kiwanja-Kanyabayonga, avec deux incidents signalés en novembre, "risque de compromettre l'accès humanitaire" à la région. L'agence onusienne a lancé un appel urgent à "la fin des attaques contre les civils" et à la garantie d'un "accès sans entrave" pour le personnel humanitaire.
La province du Nord-Kivu est déchirée par la présence des djihadistes ougandais des ADF dans l'axe Beni-Lubero, et par la crise du Mouvement du 23 Mars (M23), qui contrôle plusieurs entités du Nord. Ce dernier fait face aux résistants locaux appelés Wazalendo.
La réouverture de l'aéroport de Goma avait été envisagée lors de la conférence de Paris sur les Grands Lacs (le 30 octobre) afin d'établir un couloir humanitaire sécurisé. Cependant, ce projet est actuellement au point mort, le M23, qui contrôle la ville, y ayant manifesté son opposition.
Daudi Amin