En province de l’Ituri, la saison sèche constitue une période particulièrement difficile pour les personnes déplacées internes vivant dans les différents sites d’accueil. Ces populations font face à de nombreuses difficultés, notamment la pénurie d’eau potable, les incendies de brousse et d’abris, la propagation des maladies hydriques ainsi que la malnutrition. Ces conditions entraînent une dégradation rapide de la santé physique et mentale des déplacés, accentuent la pression sur les ressources disponibles et aggravent l’insécurité alimentaire déjà préoccupante.
D'après la protection civile, la diminution des sources d’eau potable et la destruction ou l’abandon des cultures fragilisent davantage la sécurité alimentaire. Cette situation favorise également l’apparition de maladies hydriques, telles que la diarrhée et la dysenterie, dans un contexte où les capacités de prise en charge sanitaire sont limitées. Par ailleurs, la sécheresse augmente considérablement les risques d’incendies. Les abris précaires, construits en paille, en bâches ou en matériaux facilement inflammables, sont particulièrement vulnérables, mettant en danger les vies humaines et les biens déjà très limités.
Les fortes chaleurs affirme Robert Ndjalonga et le manque d’eau accentuent également les risques sanitaires et contribuent à un stress psychologique important parmi les déplacés, déjà exposés à la vulnérabilité prolongée et aux conditions de vie difficiles. À cela s’ajoute la concurrence pour l’accès aux ressources rares, telles que l’eau, le bois de chauffe et les produits champêtres, qui peut alimenter des tensions et des conflits, augmentant ainsi les risques de violences au sein ou autour des sites.
La saison sèche rend également difficile, voire impossible, la poursuite des activités agricoles, des petits jardins ou d’autres activités génératrices de revenus. Cette situation renforce la dépendance à l’aide humanitaire, laquelle demeure insuffisante face à l’ampleur des besoins et au manque de financement. Tous ces facteurs combinés créent un environnement extrêmement contraignant, rendant la vie dans les sites de déplacés particulièrement pénible durant les mois de sécheresse, généralement de décembre à mars.
Face à cette situation, la protection civile en Ituri, recommande de renforcer les dispositifs de prévention, de réduction des risques, d’anticipation et de réponse d’urgence, en tenant compte des besoins dans les secteurs essentiels tels que la sécurité alimentaire, les abris, l’eau et l’assainissement, la protection, la santé et la nutrition.
Joël Heri Budjo