Le projet d’asphaltage du boulevard Enock Muvingi Nyamwisi, lancé en 2024 dans la ville de Butembo, suscite une vive controverse autour de son coût financier, jugé élevé par certains acteurs de la société civile.
Selon les données rendues publiques, le chantier a été budgétisé à 7 514 884 dollars Américains pour un linéaire de 3 kilomètres, soit une moyenne d’environ 2,5 millions USD par kilomètre. Un montant qui alimente les interrogations sur l’utilisation des ressources publiques dans un contexte économique contraint.
Des demandes de clarification adressées aux autorités
Dans une correspondance adressée au gouverneur de province dès août 2025, puis actualisée le 07 janvier 2026, l’avocat Me Sekera Kivasuvwamo a estimé que le coût annoncé était excessif. Il a notamment sollicité des explications détaillées sur la gestion des fonds engagés, appelant davantage de transparence dans l’exécution du projet.
Pour cet acteur engagé dans les questions de gouvernance, il est essentiel que les autorités provinciales puissent justifier les choix budgétaires opérés, afin de renforcer la confiance des citoyens dans les projets d’infrastructures publiques.
L’OVD invoque les spécificités techniques
En réponse à ces préoccupations, le directeur provincial de l’Office des Voiries et Drainage (OVD) a tenu à apporter des précisions. Selon lui, le coût d’asphaltage d’une route dépend largement de ses caractéristiques techniques, notamment la largeur de la chaussée, la structure du sol, les ouvrages de drainage et les normes de durabilité exigées.
« Un kilomètre d’une chaussée de 9 mètres de largeur n’a pas le même coût qu’une route de 6 mètres », a-t-il expliqué, soulignant que toute comparaison doit tenir compte des paramètres techniques propres à chaque projet.
Un débat révélateur des enjeux de gouvernance locale
Cette polémique met en lumière les défis de gouvernance et de redevabilité qui accompagnent la mise en œuvre des grands projets urbains à Butembo. Si les infrastructures routières sont jugées indispensables au développement économique et à la mobilité urbaine, leur financement reste un sujet sensible, particulièrement dans une province confrontée à de multiples urgences sociales et sécuritaires.
Le débat autour du boulevard Enock Muvingi Nyamwisi pourrait ainsi relancer les discussions sur la nécessité d’un contrôle citoyen accru et d’une communication plus transparente des autorités sur les investissements publics.
Diddy Mastaki