Plus de soixante camions chargés de planches et de sacs de braises ont été saisis ce lundi 09 février au cours d’opérations menées depuis une dizaine de jours dans la zone du bassin versant de la rivière Semuliki, au Nord-Kivu. Cette action d’envergure vise à freiner l’exploitation illégale des ressources forestières dans une région à haute valeur écologique.
Les produits interceptés, dont une partie est actuellement entreposée à l’auditorat militaire de Beni, témoignent de l’ampleur de la pression exercée sur les écosystèmes forestiers locaux. Selon des sources proches du dossier, ces cargaisons provenaient d’activités de coupe et de carbonisation opérées en violation des lois environnementales en vigueur.
Une biodiversité fortement menacée
La zone concernée fait partie d’un espace écologique sensible, en lien direct avec le Parc National des Virunga, reconnu pour sa biodiversité exceptionnelle. L’exploitation anarchique du bois et la production massive de braises constituent une menace directe pour la faune, la flore et les équilibres naturels du bassin de la Semuliki.
Les images des saisies, rendues publiques, illustrent une déforestation à grande échelle, souvent alimentée par des réseaux organisés opérant dans un contexte d’insécurité persistante.
L’ICCN hausse le ton
Face à cette situation, l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), en collaboration avec d’autres services provinciaux de l’État, affirme sa volonté de décourager fermement ces pratiques illégales. L’institution annonce un renforcement des mécanismes de surveillance et de protection de ce patrimoine naturel stratégique.
L’ICCN appelle également les communautés riveraines à coopérer activement avec les autorités, soulignant que la préservation de l’écosystème est un enjeu collectif, vital tant pour l’environnement que pour les générations futures.
Cette opération intervient dans un contexte où la lutte contre la déforestation illégale demeure un défi majeur en République démocratique du Congo, pays qui abrite l’un des plus vastes massifs forestiers du monde. Les autorités espèrent que ces saisies serviront de signal fort contre l’économie destructrice de l’environnement.
Diddy Mastaki