À Kinshasa, l’opération d’évacuation du bidonville de Pakadjuma franchit un nouveau cap. Selon la police, plus de 8 500 personnes ont déjà été relocalisées vers un site de transit situé à Kinkole, dans la commune de la N’sele, à l’est de la capitale congolaise.
Situé dans la commune de Limete, en plein centre de Kinshasa, Pakadjuma s’était progressivement imposé comme l’un des plus vastes quartiers précaires de la ville. Construit en grande partie sur des emprises publiques et exposé aux inondations récurrentes, le site faisait depuis plusieurs années l’objet de débats sur sa viabilité et sa conformité aux normes d’urbanisme.
Un site de transit en attendant une installation définitive
« À ce jour, plus de 8 500 personnes ont été évacuées du site de Pakadjuma. Elles sont actuellement regroupées dans un site de transit à Kinkole, en attendant leur installation définitive sur des parcelles que l’État congolais met gratuitement à leur disposition », a déclaré le commissaire supérieur adjoint Michel Atiakumu, commandant chargé de la Police d’assainissement et salubrité publique.
Les autorités présentent l’opération comme une mesure d’assainissement urbain et de sécurisation destinée à mettre fin à l’occupation jugée anarchique de cette zone stratégique de Limete. À Kinkole, les déguerpis doivent, à terme, bénéficier de parcelles attribuées par l’État dans le cadre d’un programme de relogement dont les modalités concrètes restent à préciser.
Des résistances persistantes à Pakadjuma
Sur le terrain, l’évacuation n’est toutefois pas totalement achevée. « À Pakadjuma, il reste encore des récalcitrants et des récidivistes, notamment certains vendeurs qui poursuivent leurs activités sur place malgré l’opération en cours », a indiqué Michel Atiakumu.
En revanche, assure-t il, aucun retour vers Pakadjuma n’a été signalé parmi les personnes déjà transférées à Kinkole, en dépit des rumeurs faisant état d’une suspension de l’opération.
Entre impératif d’assainissement et défi social
Si les autorités mettent en avant la gratuité des parcelles promises et la volonté de réorganiser l’espace urbain, l’ampleur du déplacement, plus de 8 500 personnes, soulève inévitablement des questions sociales. Les conditions d’accueil à Kinkole, l’accès aux services de base et les opportunités économiques pour des ménages déracinés constituent autant de défis qui détermineront la réussite ou non de cette relocalisation.
Dans une capitale en pleine expansion démographique, où les quartiers informels prolifèrent faute de politique de logement structurée, l’opération de Pakadjuma pourrait faire figure de test pour la gestion future des occupations précaires à Kinshasa.
La Rédaction