La dégradation avancée de la route axe Bunia–Kasenyi inquiète les acteurs humanitaires et les usagers. Selon la Protection civile en Ituri, cette voie devenue accidentogène est à l’origine de nombreux accidents, de pertes de marchandises et d’un allongement considérable du temps de parcours.
Les conducteurs sont régulièrement confrontés à des chaussées déformées, des nids-de-poule profonds et des portions impraticables. En cas de renversement de camions, la circulation se retrouve souvent bloquée pendant plusieurs heures, poussant certains automobilistes à emprunter des voies détournées par le village Nyakeru. Ces alternatives, moins sécurisées, augmentent le risque d’accidents supplémentaires.
Les voyageurs se rendant à Kasenyi ou Tchomia pour les liaisons lacustres vers l’Ouganda arrivent fréquemment en retard, perturbant les programmes de transport et la coordination des services. Cette situation complique également le suivi des prévisions météorologiques sur le trajet lacustre, facteur susceptible de provoquer d’autres incidents liés aux intempéries.
Au-delà des difficultés de mobilité, la dégradation de la route affecte l’accès humanitaire dans la zone littorale. Des milliers de déplacés dépendent de l’aide humanitaire, mais les missions d’évaluation, de distribution et de stabilisation rencontrent des obstacles logistiques majeurs. Les organisations humanitaires peinent à atteindre certaines localités, retardant l’assistance aux populations vulnérables.

Les missions de sécurité et de protection sont également impactées, rendant plus complexe le suivi des dynamiques locales et la mise en œuvre de programmes de stabilisation. Les autorités et acteurs concernés estiment que la réhabilitation de cet axe routier doit devenir une priorité afin de réduire les risques, de faciliter la circulation et de soutenir l’économie locale.
La crainte est que la situation se détériore davantage avec la reprise de la saison des pluies. Les précipitations pourraient aggraver les nids-de-poule et rendre certaines portions totalement impraticables, augmentant les incidents et les pertes économiques. Sans intervention rapide, les conséquences pourraient s’étendre à l’ensemble de la chaîne logistique et humanitaire de la région.
Les usagers et acteurs locaux appellent donc à une action urgente pour la réhabilitation de cette route stratégique. Une amélioration de l’infrastructure permettrait non seulement de réduire les accidents, mais aussi de renforcer l’accès aux services essentiels et aux zones d’intervention humanitaire.
Joël Heri Budjo