Depuis plus ou moins trois (03) jours, la ville de Baraka et ses environs vit une situation pour le moins étrange et peu plus préoccupante.
Il s'agit d'un présumé cas de personnes qui se positionneraient à côté d'une autre personne qui, une fois touchée physiquement, ne se trouverait plus en possession de ses organes génitaux de même que de sa poitrine, en ce qui concernerait les femmes.
Pour s'en prévenir et/ou y échapper, il faudrait porter sur soi une épingle avec une attache en plastique : le phénomène prend tellement de l'ampleur que le prix d'une simple épingle est passé de 500 francs congolais à une petite bagatelle de 1.500 FC (à Baraka) à 5.000 FC (à Misisi).
Il semblerait que ce phénomène provienne de Kalemie d'où il s'est étendu jusqu'à Baraka, via Misisi, notamment.
A ce jour, nous comptons deux victimes dans la ville de Baraka (une troisième l'ayant échappé belle grâce à l'intervention des éléments Wazalendo) et une (01) à Misisi où plus ou moins cinq (05) personnes auraient déjà perdu les organes en question.
A noter que les victimes de Baraka sont deux jeunes gens, le premier élève de plus ou moins 18 ans d'âge et le deuxième également un jeune homme du même âge presque. Ils ont tous deux été lynchés, tabassés à mort puis brûlés vifs par une horde de personnes surchauffées et excitées à l'extrême par le seul cri de ceux qui auraient été « délestés » de leurs membres intimes.
Au-delà de l'étrangeté et de l'absurdité de ce phénomène, c'est bien la réaction aussi primaire que brutale de la part de la population qui étonne, inquiète et questionne.
Face à cette situation, L'abbé Étienne-Marie Esube Batundji, vicaire Épiscopal pour la Zone Pastorale de Fizi et Curé de la paroisse « Cœur Immaculé » de Marie de Baraka appelle la jeunesse de l'église catholique de ne pas se livrer à des actes inhumains et condamnables par la loi Congolaise.
Selon ce prêtre catholique, d'autant plus qu'il y a une forte probabilité que ces victimes soient innocentes et il y a fort à craindre que ce phénomène n'en fasse d'autres si rien n'est mis immédiatement en œuvre pour l'arrêter.
Pour lui, l'inquiétude est telle qu'il y a un risque élevé des règlements de comptes et des conflits entre familles et groupes claniciques et ethniques, entre autres.
« Nous mettons particulièrement en garde notre jeunesse catholique ainsi que tout homme et femme de bonne volonté, afin de ne pas tomber dans le piège de la manipulation et de l'imbécilisation », comme ne cesse de le dénoncer notre Pasteur, Mgr Sébastien-Joseph Muyengo Mulombe, Évêque d'Uvira, tout en appellant donc à la retenue, à un esprit critique et à éviter le risque et le piège de se faire justice soi-même.
Ce clergé exhorte les fidèles Catholiques de ville de Baraka de profiter de cette période de carême pour se laisser purifier par le mystère de sa sainte croix afin de pouvoir participer à la joie et à la puissance de sa glorieuse résurrection.
David Aluta