Le trafic reste fortement perturbé sur la route nationale 27 (RDC) dans le territoire de Mahagi, en province de Ituri, où près de trois cents (300) camions-citernes sont immobilisés depuis plus d’une semaine. Les véhicules, transportant des produits inflammables, occupent environ cinq (05) kilomètres de route entre les localités de Jupatido et Aranja, dans le groupement Djupamamba, non loin de la frontière avec l’Ouganda.
À l’origine de cette paralysie, les chauffeurs protestent contre la mort d’un de leurs collègues, abattu récemment à Kalo par un élément des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Les transporteurs dénoncent également les nombreuses tracasseries auxquelles ils disent être confrontés sur l’axe Mahagi–Bunia, notamment des prélèvements illégaux et des contrôles jugés abusifs.
Les conducteurs conditionnent la reprise du trafic à l’arrivée du gouverneur militaire de la province afin qu’il prenne personnellement connaissance de leurs revendications. Ils exigent notamment que justice soit rendue pour leur collègue tué et que sa famille bénéficie d’une indemnisation.
« Nous ne reprendrons pas la route sans mesures concrètes. Nous demandons la sécurisation de la RN27, la suppression des barrières illégales et l’indemnisation de la famille de notre collègue », ont déclaré certains chauffeurs, estimant que leurs conditions de travail sont bien moins sécurisées que celles de leurs homologues au Kenya et en Ouganda.
La société civile de Mahagi, par la voix de son coordonnateur Innocent Wabekudu, s’est également inquiétée de la situation. Elle dénonce l’insécurité persistante sur les routes et la multiplication des postes de contrôle par certains services étatiques, notamment ceux chargés de la circulation routière.
Dans une déclaration adressée au gouverneur militaire de l’Ituri, Johnny Luboya N'kashama, la société civile formule plusieurs recommandations, dont une descente urgente de l’autorité provinciale à Mahagi, la suppression sous 72 heures des services non habilités installés aux postes de péage de la DGRPI à Uguro et Angote, ainsi que la mise à disposition d’un véhicule anti-incendie pour le territoire.
Entre-temps, une délégation conduite par l’administrateur militaire du territoire, le colonel Disanoa Lalua Jacques, accompagnée de responsables de la direction générale des douanes et accises (DGDA), a tenté d’apaiser les tensions. Elle a notamment proposé d’organiser une escorte militaire pour permettre aux camions de poursuivre leur route vers Bunia.
Cependant, les chauffeurs maintiennent leur position et affirment qu’aucune solution ne sera acceptée tant que leurs revendications ne recevront pas une réponse satisfaisante. Nous n'avons pas encore reçu la réaction des autorités provinciales jusqu'à la production de cet article.
Joël Heri Budjo