À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, les femmes membres et sympathisantes du RCD-KML se sont mobilisées mardi 10 mars 2026 dans la ville de Beni, dans l’est de la République Démocratique du Congo. L’activité, placée sous le signe de l’autonomisation de la femme, a également été l’occasion d’exprimer la solidarité envers les femmes victimes des violences persistantes dans la région.
La journée a débuté par un défilé rassemblant différentes corporations féminines de la ville. Les participantes se sont regroupées au rond-point Nyamwisi, au cœur de la ville de Beni, avant de marcher en procession jusqu’à l’hôtel de ville. Arborant des pagnes symbolisant la dignité et le respect de la femme congolaise, elles tenaient des calicots et des drapeaux de leurs formations politiques, affichant un message commun de résilience et d’engagement pour la paix.
Dans une région marquée par une insécurité chronique, cette commémoration s’est déroulée dans un contexte particulier. Depuis plusieurs années, l’est de la RDC, notamment les territoires de Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri, est le théâtre de violences armées impliquant plusieurs groupes rebelles, dont la rébellion du M23. Les populations civiles, et particulièrement les femmes, paient un lourd tribut à ce conflit à travers les déplacements forcés, les violences sexuelles et la précarité économique.
Face à cette réalité, les participantes ont tenu à adresser un message de solidarité aux femmes vivant dans les zones sous contrôle des groupes armés.
« Nous célébrons cette journée non pas pour nous réjouir, mais pour nous joindre à la souffrance que traversent d’autres femmes dans les zones sous emprise du M23. Qu’elles soient fortes et confiantes qu’un jour la paix reviendra et qu’elles ne se sentent surtout pas seules », a déclaré Madame Liliane, membre du RCD-KML.
Au-delà du message de compassion, la célébration a mis l’accent sur la nécessité pour les femmes de renforcer leur autonomie afin de mieux faire face aux défis sociaux et économiques.
Pour la présidente de la ligue des femmes du parti, l’autonomisation demeure un levier essentiel pour permettre aux femmes de s’imposer comme des actrices majeures du développement et de la paix. Selon elle, les femmes doivent s’impliquer davantage dans différents secteurs de la vie nationale.
« Les femmes ne doivent pas rester les bras croisés et attendre tout des hommes. Que ce soit en politique, dans le commerce ou dans d’autres métiers, la femme doit rester confiante et jouer un rôle prépondérant dans la société », a-t-elle insisté.
Dans une région où les conflits armés fragilisent les structures sociales et économiques, plusieurs organisations de la société civile estiment que l’autonomisation des femmes constitue un élément clé pour la reconstruction des communautés. À Beni comme ailleurs dans l’Est de la RDC, les femmes continuent ainsi de s’organiser pour promouvoir la paix, la solidarité et la résilience face aux multiples défis sécuritaires.
Diddy Mastaki