Au cœur d'une région secouée par l'instabilité et les conflits armés, la biodiversité offre une parenthèse de résilience remarquable. Le Parc National des Virunga enregistre une vague de naissances exceptionnelle au sein de sa population de gorilles de montagne, portée par le dévouement quotidien de ses écogardes.
Chaque 24 septembre, la Journée mondiale du gorille rappelle l'urgence de protéger ces « jardiniers de la forêt », indispensables à la régénération des écosystèmes du bassin du Congo. Malgré les pressions du braconnage, du trafic illégal et de la perte d'habitat, les statistiques relevées dans le secteur Mikeno du parc témoignent d'une dynamique démographique extrêmement encourageante.
Une année gémellaire d'exception
Le début de l'année 2026 s'est distingué par un phénomène biologique d'une extrême rareté : l'enregistrement de deux paires de jumeaux en l'espace de quelques mois, un événement dont la probabilité est estimée à seulement 1 % dans la reproduction des gorilles.
- En janvier 2026, la femelle Mafuko a donné naissance à deux bébés mâles, Uzima et Uiti, au sein de la famille Bageni. Cet événement a porté l'effectif du groupe à 60 individus, consolidant sa position de plus grande famille de gorilles du parc.
- En mars 2026, une seconde portée gémellaire un mâle et une femelle a été observée dans la famille Baraka.
Au total, onze (11) naissances ont été comptabilisées au Parc des Virunga depuis janvier 2026, poursuivant la trajectoire positive des années précédentes (10 naissances en 2024 et 8 en 2025).
Une conservation de terrain face aux défis sécuritaires
Contrairement aux grands rassemblements internationaux comme le Kwita Izina au Rwanda voisin, la RDC ne peut organiser d'événements de masse en raison de la situation sécuritaire dans l'Est du pays. Les célébrations se font donc à l'échelle locale : ce sont les pisteurs communautaires et les écogardes de l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) qui attribuent les noms aux nouveau-nés après deux mois d'observation sur le terrain.
Aujourd'hui, le massif des Virunga partagé entre la RDC, le Rwanda et l'Ouganda abrite plus de 1 000 gorilles de montagne, contre à peine 350 dans les années 1980. La partie Congolaise rassemble environ 350 individus suivis de près, prouvant l'efficacité du travail de conservation malgré un contexte éprouvant.
Gloiredo Ngise